Jean Lemoine et André Lichtenberger

Élements biographiques

Jean Lemoine et André Lichtenberger Revue des Deux Mondes

Son amour pour la France, tout sincère qu’il est, ne lui fera pas méconnaître ses devoirs envers l’Angleterre, sa seconde patrie. Barillon, furieux, l’accuse d’avoir préparé, d’accord avec Sunderland, l’alliance entre l’Espagne et l’Angleterre. Chaque occasion lui est bonne pour envoyer un mot gracieux au prince d’Orange. Mais celui-ci, soit par aversion insurmontable, soit par défiance ou par scrupule, ne peut se décider à lui écrire, répond mollement à ses invites, se montre plus disposé à faire des déclarations contre elle qu’à devenir son allié.
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Jean Lemoine et André Lichtenberger Revue des Deux Mondes

Telle était Madame Middleton, « bien faite, blonde et blanche ; » mais si indolente, affectée et ambitieuse de bel esprit, que sa réputation d’ennuyeuse subsista fort longtemps après sa beauté et empêcha peut-être Charles II de l’enlever au comte de Ranelagh. Telles étaient surtout Mademoiselle Stewart et lady Castlemaine, les seules, en somme, dont la faveur simultanée eût un caractère officiel et pour ainsi dire politique.
La première était célèbre à la fois par ses charmes et sa bêtise. « On ne pouvait guère avoir moins d’esprit ni plus de beauté. »
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Jean Lemoine et André Lichtenberger Revue des Deux Mondes

A faire « un usage honnête » de son cœur, outre Saint-Evremond, le cœur de Louise de Kéroualle lui-même l’invitait. Autant que quelque pureté morale pouvait s’allier aux fantaisies sensuelles de Charles II, le sentiment qui le poussait vers Mademoiselle de Kéroualle différait de ses entraînemens ordinaires. Sur ses premiers entretiens avec la jeune fille planait le souvenir de cette sœur disparue que tous deux avaient aimée. Ce qui pouvait demeurer de délicat dans l’âme blasée du monarque fut ce qu’il montra d’abord à l’étrangère, qu’eût rebutée l’amant de la Castlemaine.
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