Paul Gautier

Élements biographiques

Paul Gautier,  Dix années d'exil (1904)

“ C'est à Ninive, à Palmyre, à Babylone qu'on pense, lorsqu'on entre à Moscou, non aux chefs-d'oeuvre de l'art dans l'Europe païenne ou chrétienne; l'histoire, la religion de ce pays ne reportent pas davantage vers Rome l'esprit du voyageur. Rome est plus étrangère à Moscou que Pékin; mais Mme de Staël pensait à toute autre chose qu'à regarder la Russie, lorsqu'elle a traversé ce pays, pour aller en Suède et en Angleterre, faire la guerre du génie et des idées à l'ennemi de toute liberté de pensée, à Bonaparte. ”
Source : Gallica

Paul Gautier,  Revue des Deux Mondes

“ Tout ce monde aspire à rétablir la royauté et se soucie fort peu de la république. Le diner est silencieux ; chacun s’observe. Mais enfin la « sibylle » cède au dieu qui l’oppresse : l’ardent amour de la liberté, l’intérêt qu’elle porte à ses amis, la pensée de nouveaux malheurs, de nouveaux supplices, enflamment son beau regard, donnent à sa voix un accent prophétique. Nécessité de finir la Révolution, souveraineté du peuple, pouvoir de l’opinion, tous ces sophismes dont retentit chaque jour la tribune des sections, elle les perce de son ironie, de ses sarcasmes. ”
Source : Wikisource

Paul Gautier,  Dix années d'exil (1904)

“ Je ne dissimule point que le séjour de Paris m'a toujours semblé le plus agréable de tous : j'y suis née, j'y ai passé mon enfance et ma première jeunesse; la génération qui a connu mon père, les amis qui ont traversé avec nous les périls de la Révolution, c'est là seulement que je puis les retrouver. Cet amour de la patrie, qui a saisi les âmes les plus fortes, s'empare plus vivement encore de nous, quand les goûts de l'esprit se trouvent réunis aux affections du coeur et aux habitudes de l'imagination. ”
Source : Gallica

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