Paul Gautier

Résumé

Paul Gautier Dix années d'exil (1909)

L'esprit était chez eux une arme plutôt qu'une jouissance, et c'était par l'imagination qu'ils étaient menés. Générosité, barbarie, passions effrénées, religion superstitieuse, tout se rencontrait dans le même caractère. Encore aujourd'hui, la civilisation, en Russie, n'a pas pénétré jusqu'au fond, même chez les grands seigneurs ; ils imitent extérieurement les autres peuples, mais tous sont russes dans l'âme, et c'est ce qui fait leur force et leur originalité, l'amour de la patrie étant, après celui de Dieu, le plus beau sentiment que les hommes puissent éprouver.
Source : Gallica

Paul Gautier Dix années d'exil (1904)

C'est à Ninive, à Palmyre, à Babylone qu'on pense, lorsqu'on entre à Moscou, non aux chefs-d'oeuvre de l'art dans l'Europe païenne ou chrétienne; l'histoire, la religion de ce pays ne reportent pas davantage vers Rome l'esprit du voyageur. Rome est plus étrangère à Moscou que Pékin; mais Mme de Staël pensait à toute autre chose qu'à regarder la Russie, lorsqu'elle a traversé ce pays, pour aller en Suède et en Angleterre, faire la guerre du génie et des idées à l'ennemi de toute liberté de pensée, à Bonaparte.
Source : Gallica

Paul Gautier Dix années d'exil (1909)

Ce qui caractérise le gouvernement de Bonaparte, c'est un mépris profond pour toutes les richesses intellectuelles de la nature humaine : vertu, dignité de l'âme, religion, enthousiasme, voilà quels sont, à ses yeux, les éternels ennemis du continent, pour me servir de son expression favorite : il voudrait réduire l'homme à la force et à la ruse, et désigner tout le reste sous le nom de bêtise ou de folie. Les Anglais l'irritent surtout, parce qu'ils ont trouvé le moyen d'avoir du succès avec de l'honnêteté, chose que Napoléon voudrait faire regarder comme impossible.
Source : Gallica

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