Résumé

Jean-Bernard Les Dos-Voutés & Larme-à-l'oeil (1889)

Joseph ne mordait pas à la peinture. A douze ans, il ne parvenait pas encore à dessiner un serpent convenable. Jamais il ne put proprement camper un lutteur. Les lutteurs furent le tourment de toute la jeunesse de Joseph. Chaque fois qu'il venait une de ces commandes au père Laval, le malheureux rapin était chargé de peindre les immenses toiles. Joseph se mettait avec résignation à la besogne, il arrivait, à force de volonté, à dessiner les hommes colosses, mais jamais, au grand jamais, il ne put les mettre solides sur leurs jarrets cambrés, ni parvenir à leur faire toucher la terre.
Source : Gallica

Jean-Bernard Les Dos-Voutés & Larme-à-l'oeil (1889)

Son esprit était toujours rempli de l'image de la grosse belle Mme Cabassou qui maintenant, voulant entrer en faveur, assistait tous les matins aux messes de Joseph.
Le pauvre Laval ne pouvait monter une seule fois à l'autel sans voir se dresser devant lui la figure de la notairesse qui s'étalait à poste fixe, sous la chaire, avec ses chairs étalées et provocantes.
D'abord, il voulut chasser ces idées obsédantes; ce fut en vain : une chaleur inconnue lui courait dans ses veines ; il était tiraillé par un âpre appétit, débordé par de vagues désirs qui lui gonflaient les veines.
Source : Gallica

Jean-Bernard Les Dos-Voutés & Larme-à-l'oeil (1889)

Mme Cabassou, elle, montrait un incessant appétit de baisers, qui ne contrariait en rien, du reste, celui de l'estomac ; elle mangeait avec une éternelle fringale. Le matin, en se levant, elle se sentait déjà l'estomac au fond des talons; elle s'empiffrait à crever, n'ayant d'autre occupation que de pousser les désirs de Laval ; elle lui mit au cœur des excroissances de honteuse tendresse dont souvent il rougissait, quand il rentrait en lui-même; ils s'embrassaient toute la journée comme du pain. Le logis était plein du
bruit des baisers
Source : Gallica

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