Léon Cladel

Définition et enjeux

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel,  Les Va-Nu-Pieds (1881)

“ Il semblait, lui, si soumis, elle, si paisible, que l'on oubliait presque d'avoir peur. Et cependant !. Il avait, ce roi-barbare, dévoré déjà certains de ses éducateurs, un à Lisbonne et deux autres à Bruxelles ; en un clin d'oeil, ils avaient péri déchirés, broyés, hachés menu par sa griffe et ses crocs. Si, depuis lors, il s'était amadoué, rien ne prouvait qu'il ne pût faire encore quelque mauvais coup. Un sournois de cet
acabit est toujours à craindre : et la mignonne ne se défiait peut-être pas assez de lui ? Bah ! bah !
”
Source : Gallica

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel,  Les Va-Nu-Pieds (1881)

“ Elle se trompait : un seul de ses amants avait succombé dans la lutte.
On les examina quelque temps en silence et l'on recula.
Celui-ci, les yeux vitreux, le poitrail déchiqueté, portait, enfoncé dans son coeur jusqu'à la garde, un poignard à lame torse ; et celui-là, le buste déchiré, rouge de sang de la tête aux pieds, gisait inanimé lui aussi, mais se ravivant sous les talons qui le meurtrissaient, il exhala deux légers soupirs et ses paupières palpitèrent.
– Il a bougé ! remarqua-t-on, de l'air ! de l'air ! il respire !
”
Source : Gallica

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel,  Les Va-Nu-Pieds (1881)

“ Alerte, fier et robuste, à peine avait-il, lorsqu'il quitta le Quercy, du poil au menton, et voici que, après six ans d'absence, il y revenait terne, usé, fourbu, flétri comme l'est un porion à l'âge de quarante ans, et sa chevelure ainsi que sa barbe absaloniennes s'allongeaient et pendaient tristement sur son corps émacié, semblable aux ramures affaissées et plaintives d'un saule pleureur.
– Eh quoi ! mon Dieu ! c'est toi ? lui dit sa mère en tâchant en vain à retrouver en lui
quelque chose du frais et joyeux adolescent qu'elle attifait et pomponnait jadis avec tant de zèle.
”
Source : Gallica

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