Léon Daudet,
Souvenirs des milieux littéraires…
“ Derrière le corbillard, les amis de Vivier se rappelaient tant de propos enchantés, cette verve frémissante, cette chaleur d’âme et de langage, ce don perpétuel de soi, cette énergie souriante, ce rire étincelant. Quand, au milieu des tombes, par la chaude et humide journée d’été, Lemaître prit la parole, de sa voix dorée, pénétrante, les pleurs et les plaintes redoublèrent. Un oiseau se mit à chanter une sorte d’adagio passionné. Comme il eût trouvé cette heure émouvante et belle, le cher sorcier disparu, hélas ! en laissant ici-bas tous ces orphelins ! ”
