“ Edmond de Goncourt eut une passion exclusive, héroïque et violente : la littérature. Il y sacrifia tout, comme un prêtre à sa foi. Il redouta la femme pour ce qu’elle peut apporter avec elle d’entraves à l’indépendance d’un écrivain, aux libres expansions spirituelles d’un artiste. S’il a fait son foyer désert et vide de cette grâce et de cette consolation, c’est pour faire son œuvre plus sincère, pour la préserver des petites concessions auxquelles, presque toujours, vous assujettit l’influence de l’épouse ou le caprice de l’amie. ”
Edmond de Goncourt
Définition et enjeux
Edmond de Goncourt, écrivain et critique français du XIXe siècle, fut un pionnier du naturalisme et fondateur de l'Académie Goncourt. En collaboration avec son frère Jules, il analysait avec acuité la société, les mœurs et l'art, comme le révèlent ses romans Germinie Lacerteux ou Manette Salomon.
Son Journal offre un témoignage intime et critique de l'époque, mêlant réflexions littéraires, politiques et artistiques. Octave Mirbeau souligne son dévouement exclusif à la littérature, tandis que Léon Daudet évoque sa joie exubérante lors des répétitions théâtrales. Son héritage, marqué par la création d'un prix littéraire majeur, résonne encore dans les réflexions sur l'art et la vie publique de son temps.
Citations sur “Edmond de Goncourt”
Léon Daudet,
Souvenirs des milieux littéraires…
“ Edmond de Goncourt, lui, pendant ses répétitions et ses premières, était joyeux comme un enfant qui vient de recevoir un jouet neuf. Il trouvait tout parfait, ses interprètes excellents, ses spectateurs la crème des spectateurs, son directeur un ange en veston. Il riait aux passages plaisants, s’attendrissait aux passages dramatiques, tassé dans le fond de sa baignoire, au centre d’un grand paletot de fourrure en hiver, avec ses yeux si noirs et vifs au-dessus de sa moustache blanche de général de cavalerie en retraite. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Frantz Jourdain me communique la lettre d’acceptation de Rops, pour le comité du banquet, lettre chaudement sympathique, où je lis : « Il y a quelques jours, où je relevais mes anciens calepins de notes, de ces notes qu’on s’adresse à soi-même, j’y retrouve ceci : Dans le travail, lorsque par lâcheté, l’envie de faire du chic vous prend, et que l’on se sent glisser à la facilité et à la légèreté banale de l’exécution, penser aux Goncourt, à la sincérité, à l’honnêteté, à la droiture de leur œuvre. Et voilà pourquoi Edmond de Goncourt a été mon maître, si indigne élève que je fusse. » ”
