“ LES DIX. Paris littéraire n’est pas encore revenu de l’impression de stupeur qu’a produite la divulgation du secret académique d’Edmond de Goncourt. Comment, il se moque de l’académie des Quarante et il veut fonder l’académie des Dix... Il offre une prime à la servilité. Il présente la pâtée des chiens aux loups. Il noue son bouchon de paille à la queue des pur-sang, il émascule les forts, il abailardise les virils, il promet le repos, la paix à qui a besoin, pour avoir du feu et du sang, de traverser mille aventures basses ou nobles, d’avoir souffert mort et passion. ”
Alidor Delzant
Résumé
Alidor Delzant consacre Les Goncourt à l’œuvre et à la vie des frères Edmond et Jules Goncourt, explorant leur parcours artistique et littéraire à travers les thèmes de la censure, de la révolution esthétique et de la tension entre passion et déclin.
L’auteur souligne leur lutte contre les conventions, leur style audacieux et leur dévouement à l’art, tout en interrogeant l’influence des femmes sur les créateurs. Ce texte, riche en réflexions sur la littérature et la moralité, s’appuie sur des extraits de leurs écrits et des récits comme Germinie Lacerteux, illustrant leur héritage complexe dans la culture française du XIXe siècle.
Citations de Les Goncourt (Alidor Delzant)
“ Chaque personnage exprime son idée d’une façon nette, ferme, rapide et scandée, comme la respiration humaine. L’allure du langage familier est conservée partout, et les mots de la conversation s’enchâssent dans une forme précise, rigoureusement adaptée, qui la sertit comme une monture d’or un diamant. Sous ce rapport, quoique accueillie par un triomphant tumulte, Henriette est une œuvre tout à fait digne du Théâtre-français par la qualité du style toujours et vraiment littéraire, même dans les excentricités du bal de l’Opéra, un vrai chef-d’œuvre de difficulté vaincue... ”
“ Pourquoi un grand clown, — car, à sa manière, un clown qui est un artiste peut très bien être grand, — ne serait-il pas quelque chose comme un Rivarol et un Hogarth en action ? Étincelant comme l’un avec son corps, terrible et grotesque comme l’autre. Je ne reprocherai donc pas à l’auteur des Frères Zemganno d’avoir abaissé son sujet en choisissant deux clowns pour incarner dans ces deux hommes qui semblent n’avoir qu’un corps et qui passent leur vie à le retourner comme une paire de gants, un superbe sentiment, un de ces sentiments qui impliquent une âme élevée et charmante. ”
“ Il faut à des hommes comme nous, une femme peu élevée, peu éduquée, qui ne soit que gaieté et esprit naturel, parce que celle-là nous réjouira et nous charmera ainsi qu’un agréable animal auquel nous pourrons nous attacher. Mais que si la maîtresse a été frottée d’un peu de monde, d’un peu d’art, d’un peu de littérature et qu’elle veuille s’entretenir de plain-pied avec notre pensée et notre conscience du beau, et qu’elle ait l’ambition de se faire la compagne du livre en gestation ou de nos goûts, elle devient pour nous insupportable, comme un piano faux, et, bien vite, un objet d’antipathie. ”
“ Ce recueil de lettres, d’une lecture mélancolique, s’empare avec autorité, dès le début, de l’esprit du lecteur. Elles reflètent l’histoire de deux intelligences unies dans une même passion, combattant dans l’obscurité et dans le vide. Toutes les étapes de leur route sont marquées par des bulletins de défaite, d’où éclate parfois une fusée de rire. Mais la note soutenue est la tristesse des déceptions et l’indifférence méprisante pour tout ce qui n’est pas l’art. M. Aurélien Scholl a été, le plus souvent, le confident des déboires de Jules. ”
“ Certes, jamais M. de Goncourt n’a eu davantage le droit de compter sur une plus grande réciprocité de sympathie que celle que nous lui avons vouée. Son caractère et son talent sont, pour nous, l’objet d’une estime toute particulière. Il est un des hommes qui honorent le plus notre profession et dont la juste gloire est la moins contestée. C’est pourquoi il nous permettra de nous affliger plus que tout autre de l’erreur où l’a entraîné sa passion de peintre et de moraliste, et c’est pourquoi il comprendra l’ardeur de la protestation que nous publions ici. ”
“ Par son essence même, audacieuse et raffinée, leur talent a été l’ennemi de toute règle et de toute tradition. Ils n’ont eu d’autre but que de donner, en pleine vérité, la notation exacte et pittoresque de leurs idées et de leurs sensations. Ainsi comprise, l’œuvre des Goncourt renferme un profitable enseignement : elle proclame la liberté de la forme, le respect de l’art, l’indépendance des idées et fait autant d’honneur à leur bonne foi d’hommes qu’à leur mérite d’écrivains. ”
“ Il n’en est pas moins demeuré, sous une forme sévère, impitoyable pour la vérité, et, s’il est sorti de là « un livre d’abjection, » comme on l’a dit, M. Edmond de Goncourt n’en avait pas moins le droit d’affirmer qu’il l’avait conçu « dans un sentiment de curiosité intellectuelle et de commisération pour les douleurs humaines. » Pascal a écrit : « Je blâme également et ceux qui prennent le parti de louer l’homme et ceux qui le prennent de le divertir, et je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant. » ”
“ Accolée par le mariage ou l’habitude à l’artiste ou à l’écrivain, la femme apporte le trouble dans sa vie et dans son œuvre par la passion. La femme égare le martyr, l’amène vaincu aux fonctions vulgaires et aux basses besognes grassement payées. Pour dominer, elle se fait la complice de ce qu’il y a de bas dans chacun de nous, jusqu’au jour où les victimes dépouillées de leur talent, finissent dans la démence, comme Charles Demailly, ou dans l’imbécillité, comme Coriolis. ”
“ « Sur tout ce débordement voulu de sanie humaine, il plane un ennui colossal, irrémissible. Devant le bâillement immense, l’indignation tombe. La pièce mourra aussitôt née, comme ces êtres mal construits que la scrofule ronge au berceau. C’est la consolation ! » Ces quelques passages qui s’adressent à l’œuvre d’un des rares écrivains qui sont l’honneur des lettres, à notre fin de siècle, et qui, par la dignité de sa vie et le respect de son œuvre, est un haut exemple de moralité et de talent, méritent d’être enchâssés dans l’histoire de Germinie. ”
“ On l’a dit, M. de Goncourt occupe la maison qui porte le numéro 53 du boulevard Montmorency, à Auteuil. La façade toute blanche est timbrée d’un profil en bronze de Louis XV. La porte ouverte, dès le seuil, une préoccupation d’art s’impose, et, sur les murs, se faisant valoir l’un l’autre par leurs dissemblances ou par leurs affinités, vivent d’accord les deux arts qui ont le plus échappé à la contrainte, à l’imitation et au poncif : l’art de l’Extrême-Orient et l’art du dix-huitième siècle français. ”
“ Mon cher ami, ... Que je vous suis reconnaissant des lignes de cœur et de talent consacrées à mon bien-aimé. Quel charmant et ressemblant portrait moral vous avez fait du pauvre enfant, de ce doux blessé de la vie. Ah ! Saint-Victor, votre lettre, vos larmes à l’enterrement, cet article, le chaud et émotionné réveil de votre amitié me sont entrés au cœur. Je sens que je vous aime tendrement et il faut la faire revivre, cette amitié, qui chez nous était faite de tant d’atomes crochus et aimants... Je vous embrasse. Edmond de Goncourt. Et Paul de Saint-Victor répondit : Ce 6 juillet. ”
“ Jamais plus navrant spectacle n’a affligé nos yeux. Edmond, dans sa stupeur tragique, avait l’air d’un spectre pétrifié et la mort qui, ordinairement, met un masque de beauté sereine sur les visages qu’elle touche, n’avait pu effacer des traits de Jules, si fins et si réguliers pourtant, une expression d’amer chagrin et de regret inconsolable. Il semblait avoir senti, à la minute suprême, qu’il n’avait pas le droit de s’en aller comme un autre, et qu’en mourant il commettait presque un fratricide. Le mort, dans son cercueil, pleurait le vivant, le plus à plaindre des deux, à coup sûr. ”
“ MM. de Goncourt ont apporté une sensation nouvelle de la nature. Là est leur trait caractéristique. Ils ne sentent pas comme on a senti avant eux... Ils ont la vie du style. Tous leurs efforts tendent à faire de la phrase l’image instantanée de leur sensation. Rendre ce qu’ils sentent et le rendre avec le frémissement, le premier heurt de la vision, voilà leur but. Ils l’atteignent admirablement... MM. de Goncourt arrivent à ce prodigieux rendu par des renversements de tournures, des remplacements de mots, des procédés à eux qui sont la marque inoubliable de leur facture. ”
“ L’hostilité contre le catholicisme au dix-neuvième siècle est autre que l’hostilité au dix-huitième. Au dix-neuvième, on est plus vieux, on est plus rassis, on est indifférent, sceptique et serein. On ne frappe point à tour de bras, même dans le dos ; mais on enfonce doucement la chose où il faut l’enfoncer et c’est ce que viennent de faire MM. de Goncourt. Il n’y a pas, dans tout leur livre de Madame Gervaisais un seul mot d’insulte, d’ironie, d’impatience contre le catholicisme. ”
“ Ce n’est pas un roman d’amour qu’il faut chercher dans Manette Salomon. L’amour y tient fort peu de place. C’est un livre d’art où il est donné à l’observation et aux libres développements beaucoup plus qu’à la fable suivie et à l’invention romanesque. C’est une série de tableaux que relie, sans grand souci de la route ordinaire que suivent les conteurs, l’histoire à larges mailles d’une femme anéantissant lentement un tempérament d’artiste et un caractère d’homme. ”
“ Assurément les quatre types ne sont pas flattés ; c’est le fond du panier du bas journalisme, une triste engeance vivant de la moquerie, du chantage et de la prostitution de l’esprit. Mais, au-dessus d’eux, le héros du livre, Charles Demailly, ne résume-t-il pas toutes les qualités morales et professionnelles de l’homme de lettres ? N’a-t-il pas le goût du travail et de la vérité, la dignité personnelle, le talent enfin qui est la suprême parure de l’artiste ? ”
“ Dès qu’il connut M. Edmond de Goncourt, il se mit à nager dans son sillage ; il attrapait au vol ses idées et, après, il les refaisait voler, pour son compte, avec une finesse d’assimilation, une vivacité et un brio de Napolitain. Je me rappelle une fin de soirée, rue Tourlaque, chez Mme Henri Gréville où Nittis fut éblouissant de goncourisme [8] . Il avait surtout pris à son modèle l’horreur pour les poètes et il est vraisemblable qu’il se disait mathématicien parce que Gavarni se piquait de mathématiques et avait été l’ami des Goncourt ! ”
“ Nous avons passé la journée chez Burty, rue du Petit-Banquier, dans un quartier perdu et champêtre, qui sent le nourrisseur et le marché aux chevaux. Un intérieur d’art, une resserre de livres, de lithographies, d’esquisses peintes, de dessins, de faïences, un jardinet, des femmes, une petite fille, un petit chien, et des heures où l’on feuillette des cartons effleurés par la robe d’une jeune, grasse et gaie chanteuse, au nom de Mlle Hermann. Une atmosphère de cordialité, de bonne enfance, de famille heureuse qui reporte la pensée à ces ménages artistiques et bourgeois du dix-huitième siècle. ”
“ Vivant au dix-neuvième siècle, dans un temps de suffrage universel, de démocratie, de libéralisme, nous nous sommes demandé si ce qu’on appelle les basses classes n’avaient pas droit au roman ; si ce monde sous un monde, le peuple, devait rester sous le coup de l’interdit littéraire et des dédains d’auteurs qui ont fait le silence sur l’âme et le cœur qu’il peut avoir... Ces pensées nous avaient fait oser l’humble roman de Sœur Philomène en 1861 : elles nous font publier aujourd’hui Germinie Lacerteux. ”
“ La Faustin est l’étude des procédés par lesquels un système nerveux d’actrice s’assimile le monde qui l’environne. Et ce n’est pas une fantaisie qui pousse M. E. de Goncourt à persévérer dans cette voie de la micrographie romanesque, si l’on peut dire. Par nature et par éducation, M. E. de Goncourt possède une intelligence, suraiguisée jusqu’à la maladie, de la nuance infiniment ténue et de la créature infiniment raffinée. ”
“ C’est horrible et profanatoire de la mort ! Ça ne fait rien, c’est horrible, cet homme de talent, ce peintre si peintre mort à trente-huit ans ! Je vous quitte ici parce qu’il faut que je m’habille pour l’église, le cimetière, toutes les éprouvantes cérémonies auxquelles elle veut assister. Aussitôt de retour, écrivez-moi. Je voudrais bien passer un jour avec vous, car vous êtes maintenant le seul et unique ami de cœur qui me reste. Amitiés tendres au ménage,Edmond de Goncourt. Ah ! les journaux ! Je vais au... pour faire annoncer sa mort. ”
“ Il est difficile aujourd’hui, en 1886, de ne pas lire ces Pages retrouvées comme une préface à l’œuvre des Goncourt... La lecture finie, si l’on resonge à ce qu’on vient de lire, le livre devient comme un ensemble d’indications, prend de vagues allures de programme, apparaît comme l’embryon d’un être futur... C’est le résumé de leurs deux années de journalisme ; c’est aussi le sommaire de leur carrière d’écrivains... C’est l’apprentissage d’un style, et c’est la jeunesse d’une pensée ”
“ Edmond de Goncourt.1er janvier 1881.Mon cher ami, Vous avez prévenu mon bon an que je vous envoie du même cœur que par le passé. Non ! je n’ai pas changé, et le pauvre... est complètement innocent du travail de destruction que vous lui prêtez. Mais vous, n’avez-vous pas eu, toute l’année, la cervelle hantée par les papillons noirs ? Voyez-vous, il faut mettre plus de calme et de pondération dans la littérature et les regains de l’amour, parce que, à nos âges, ces excitants déséquilibrent un homme, à nos âges ! ”
“ L’artiste qui a créé une forme de son art, l’écrivain qui a découvert une façon de voir qui produit naturellement une façon de rendre, — car l’idée emporte son expression avec elle — comptent seuls dans le domaine de l’esprit. N’eussent-ils suggéré qu’un frisson nouveau, comme Baudelaire, ils sont mille fois plus intéressants que tous les copistes à la suite pratiquant des phrases apprises et — sous prétexte de style et de correction — redonnant à l’infini des épreuves plus faibles des clichés qu’on leur a transmis. ”
“ Vous parlez de notre amitié, croyez bien que la mienne n’était que rentrée au fond de mon cœur, et j’ai senti, au contre-coup de votre perte, combien elle était vive et intime. Depuis, la pensée de ce que vous souffrez est, pour moi, une sollicitude continuelle. Je ne vous dirai pas de vous consoler mais de vous rattacher à la vie par l’amitié et par le travail. Que cette douleur soit une blessure, hélas ! trop souvent rouverte et saignante, mais qu’elle ne soit pas un épuisement et une consomption de l’âme. Vous avez ici des sympathies et des affections d’une sincérité vraiment rare. ”
“ Il nous semble trop gros, trop fort, trop bien portant pour donner le nuancé des types et des existences de la capitale de la vieille civilisation... Croyez bien que je trouve aussi dure que vous cette vie de séparation et qu’aussitôt qu’il y aura une embellie dans le temps, si mon frère n’a pas encore retrouvé ses jambes, nous tâcherons de vous décider à faire le voyage d’Auteuil et à venir un peu causer autour d’un déjeuner ou d’un dîner, avec des malades et des gens bien tristes. Nous vous la brisons,Edmond de Goncourt. ”
“ Sont-elles embarrassées et incolores, il est vraisemblable qu’on n’a pas affaire à un artiste de race. L’étude et l’attention pourront procurer à son style, plus tard, la correction ornée, les formes apprises, une beauté d’école et de placage ; elles ne lui donneront pas le sang qui manque, c’est-à-dire la vigueur native et la santé. Restée veuve en 1834, la mère des Goncourt s’était presque exclusivement dévouée à la santé fragile de son plus jeune fils. Pour lui éviter les séparations du collège, elle s’était retirée du monde. ”
“ C’est que l’indépendance des idées crée naturellement un art indépendant. Jules de Goncourt pensait, avec Shakspeare, que tout est bien qui finit bien, et — quoiqu’il ne fût pas jésuite — il était d’avis que la fin justifie les moyens. Après sa mort, M. Philippe Burty eut l’idée de faire connaître au public, par des reproductions sur bois, ces aquarelles qui n’avaient jamais été exposées et de réunir l’œuvre gravé de son ami. ”
“ Regardant et jugeant ce qui se passe, le théâtre m’apparaît comme bien malade, comme moribond même... L’art théâtral, le grand art français du passé, l’art de Corneille, de Racine, de Molière et de Beaumarchais, est destiné, dans une cinquantaine d’années, tout au plus, à devenir une grossière distraction, n’ayant plus rien de commun avec l’écriture, le style, le bel esprit, quelque chose digne de prendre place entre des exercices de chiens savants et une exhibition de marionnettes à tirades. ”
“ Madame Gervaisais. « Le plus complet, le plus beau incontestablement, mais aussi le plus dédaigneux et le plus hautainement personnel de leurs livres... Aucune intrigue, la plus simple histoire d’une âme de femme, odyssée à travers une série de descriptions admirables, d’une intelligence vaincue par les nerfs et partie de la libre possession de soi pour aller succomber, à Rome, sous l’énervement du climat, à l’ombre des ruines, dans ce je ne sais quoi de mystique et d’endormant qui tombe des murs des églises, parmi l’odeur d’encens des pompes catholiques. » ”
“ Le public, avant tout, veut être amusé. Il ne consacre au roman que le temps qu’il a à perdre ; il lui demande le développement coloré des idées qu’il a en tête. L’écrivain suit-il la grand’route de ses préjugés ou de ses admirations, le lecteur chemine sans cahot avec lui, admirant, à droite et à gauche, les surprises du paysage, le truquage ingénieux des combinaisons romanesques, bien sûr qu’il est, à la fin de l’étape, de fermer le livre sur une sensation agréable qu’amènera le dénouement. ”
“ C’est l’impression de l’original qu’a surtout poursuivie et obtenue le graveur. Dans les planches où il a osé se mesurer avec La Tour et transporter dans une forme d’art monochrome les masques merveilleux d’animation et de couleur, à larges lumières, heurtés, sabrés d’audacieuses balafres de pastel pur, sans écrasement d’estompe ou de pouce et sans modelé, Jules de Goncourt est arrivé à une puissance d’effet qui égale presque celle des originaux. ”
“ Aujourd’hui que le roman s’élargit et grandit, qu’il commence à être la forme sérieuse, passionnée, vivante, de l’étude littéraire et de l’enquête sociale, qu’il devient, par l’analyse et par la recherche psychologique, l’histoire morale contemporaine, aujourd’hui que le roman s’est imposé les études et les devoirs de la science, il peut en revendiquer les libertés et les franchises. ”
“ L’interne qui est l’objet de ce culte humain ignore le sentiment qu’il inspire. « Ainsi resserré dans le chaste cœur qui l’étouffe, l’amour de sœur Philomène a la mélancolie d’un incendie dans la solitude, » écrivait Paul de Saint-Victor. Quand elle se traîne, à demi brisée, pour prier au pied du lit de son amant mort, la mèche de cheveux qu’elle accepte est la première marque saisissable de sa tendresse. ”
Termes fréquents
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