Léon Cladel

Léon Cladel

Résumé

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel Les Va-Nu-Pieds (1881)

Ohé ! les belles, ohé ! les fringants, ouvrez l'oeil ; et vous verrez je vous le jure, ce que vous n'avez jamais vu ! le Roi des musclés et l'Empereur des nerveux : le voilà ! Regardez-le, attention !
Il ne suppliait plus, le maigre paillasse, il ordonnait. Écarlate, hagard, hérissé, son tragique patron saisit un quintal par l'anneau,
baissa sa tête, arrondit ses reins et le poids décrivit un cercle, puis deux, puis trois, et l'on eût dit, tant le mouvement de rotation devint rapide, qu'une roue de fer, vironnant sur elle-même, enveloppait ce brave des braves.
Source : Gallica

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel Les Va-Nu-Pieds (1881)

Écoute, hier à minuit, il y a loin, va, du Panthéon au Père-Lachaise ! hier, à minuit, j'ai quitté la rue Clovis et j'ai mis huit heures à traverser la ville, sous les bombes, sous les balles, dans le
sang, dans le feu. Paris brûle, il est brûlé, bientôt il va s'éteindre avec la Révolution. Ils ont tenu parole, les nôtres. Si les ruraux veulent encore un roi, qu'ils lui bâtissent alors une nouvelle niche ; il n'y a plus de Palais-Royal, il n'y a plus de Tuileries ! On croira désormais sans doute aux serments du blousier parisien qui, lui, ne ment pas : « Être ou mourir ! »
Source : Gallica

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel Les Va-Nu-Pieds (1881)

Alerte, fier et robuste, à peine avait-il, lorsqu'il quitta le Quercy, du poil au menton, et voici que, après six ans d'absence, il y revenait terne, usé, fourbu, flétri comme l'est un porion à l'âge de quarante ans, et sa chevelure ainsi que sa barbe absaloniennes s'allongeaient et pendaient tristement sur son corps émacié, semblable aux ramures affaissées et plaintives d'un saule pleureur.
– Eh quoi ! mon Dieu ! c'est toi ? lui dit sa mère en tâchant en vain à retrouver en lui
quelque chose du frais et joyeux adolescent qu'elle attifait et pomponnait jadis avec tant de zèle.
Source : Gallica

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