Résumé

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert La tentation de saint Antoine

Antoine a regret.
Mais le Diable l'a jeté sur ses cornes, et l'enlève.
VI. Il vole sous lui, étendu comme un nageur;—ses deux ailes grandes ouvertes, en le cachant tout entier, semblent un nuage.
ANTOINE Où vais-je?
Tout à l'heure j'ai entrevu la forme du Maudit. Non! une nuée m'emporte.
Peut-être que je suis mort, et que je monte vers Dieu?...
Ah! comme je respire bien! L'air immaculé me gonfle l'âme. Plus de pesanteur! plus de souffrance!
En bas, sous moi, la foudre éclate, l'horizon s'élargit, des fleuves s'entre-croisent. Cette tache blonde c'est le désert, cette flaque d'eau l'Océan.
Source : Gutenberg

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert La tentation de saint Antoine

Les perles de sa tiare brillent doucement comme des lunes, un chapelet d'étoiles fait plusieurs tours sur sa poitrine;—et une main sous la tête, l'autre bras étendu, il repose, d'un air songeur et enivré.
Une femme accroupie devant ses pieds attend qu'il se réveille.
HILARION C'est la dualité primordiale des Brakhmanes,—l'Absolu ne s'exprimant par aucune forme.
Sur le nombril du Dieu une tige de lotus a poussé; et, dans son calice, paraît un autre Dieu à trois visages.
ANTOINE Tiens, quelle invention!
HILARION Père, Fils et Saint-Esprit ne font de même qu'une seule personne!
Source : Gutenberg

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert La tentation de saint Antoine

Encore une fois c’était le Diable, et sous son double aspect : l’esprit de fornication et l’esprit de destruction.
Aucun des deux ne m’épouvante. Je repousse le bonheur, et je me sens éternel.
Ainsi la mort n’est qu’une illusion, un voile, masquant par endroits la continuité de la vie.
Mais la Substance étant unique, pourquoi les Formes sont-elles variées ?
Il doit y avoir, quelque part, des figures primordiales, dont les corps ne sont que les images. Si on pouvait les voir on connaîtrait le lien de la matière et de la pensée, en quoi l’Être consiste !
Ce sont ces figures-là qui étaient peintes à Babylone sur la muraille du temple de Bélus, et elles couvraient une mosaïque dans le port de Carthage.
Source : Wikisource

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