Résumé

Portrait de Maurice Rollinat Maurice Rollinat Les névroses : les âmes, les luxures… (1883)

Quand le chagrin, perfide et lâche remorqueur, Me jette en ricanant son harpon qui s'allonge, La Nuit m'ouvre ses bras pieux où je me plonge Et mêle sa rosée aux larmes de mon cœur.
A son appel sorcier, l'espoir, lutin moqueur, Agite autour de moi ses ailes de mensonge, Et dans l'immensité de l'espace et du songe Mes regrets vaporeux s'éparpillent en chœur.
Si j'évoque un son mort qui tourne et se balance, Elle sait me chanter la valse du silence Avec ses mille voix qui ne font pas de bruit;
Et lorsque promenant ma tristesse moins brune, Je souris par hasard et malgré moi, — la Nuit Vole, pour me répondre, un sourire à la lune.
Source : Gallica

Portrait de Maurice Rollinat Maurice Rollinat Les névroses : les âmes, les luxures… (1883)

Les taureaux, au parfum De la mousse, Arpentent l'herbe rousse, Et chacun Beugle au soleil défunt; La rafale qui glousse Se trémousse Dans l'air brun.
Et le ravin cruel, Sourd et chauve, A l'humidité fauve D'un tunnel ; Et comme un criminel, Le nuage se sauve, Gris et mauve, Dans le ciel.
Des saules convulsés Et difformes, Des trous, des rocs énormes, Des fossés, Des vieux chemins gercés, Des buissons multiformes, Et des ormes Crevassés,
De l'eau plate qui dort Dans la terre,' Noire et plus solitaire Qu'un remord : Un long murmure sort, Un long murmure austère De mystère Et de mort.
Source : Gallica

Portrait de Maurice Rollinat Maurice Rollinat Les névroses : les âmes, les luxures… (1883)

« Cent morsures d'aspic qu'un seul baiser de femme! »
LA TORTURE
Mon crâne est un fourneau d'où la flamme déborde : Martyre opiniâtre et lent comme un remords!
Et je sens dans mes os l'épouvantable horde Des névroses de feu qui galopent sans mors.
Comme un vaisseau brisé, sans espoir qu'il aborde, Mon cœur va s'enfonçant dans le gouffre des morts, Loin du passé qui raille et que le regret borde ; Et je grince en serrant mes deux poings que je mords!
Je prends un pistolet. Horreur ! ma main le lâche, Et la peur du néant rend mon âme si lâche, Que pour me sentir vivre, — oh! l'immortalité!
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature