“ C’est la moralité qui distingue la fable du conte, et les premiers écrivains qui ont usé de la fable, Hésiode, Archiloque, Stésichore, s’en sont servis pour imprimer plus fortement une leçon dans l’esprit de leurs auditeurs. Et je m’imagine que, si Ésope fut regardé comme le père de la fable, c’est en partie pour avoir mis au premier rang l’utilité morale de ses récits. Aux yeux des Grecs la morale était si indispensable qu’ils en attachèrent une à tous les récits, à toutes les anecdotes, à tous les bons mots qui sous le nom d’Ésope s’annexèrent à la fable. ”
Citations sur “Stésichore”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Mais, quoiqu’il en soit, ce qui est capital en l’espèce, c’est que, chez hystériques comme chez possédés, la maladie ou l’état extra-naturel se manifestent toujours par des symptômes extraordinaires, une expression phénoménale spéciale, bruyante, hurlante, tapageuse, par exemple, qui appelle l’attention, met en éveil, et soumet le cas à l’examen et à l’appréciation. On peut se tromper sur ce qu’il y a ; mais sûrement il y a quelque chose : naturel ou surnaturel. L’hystérie ainsi que la possession ont une forme, un modus agendi. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Prenez un hystérique ou un névropathe ; qu’il s’habitue lui-même à cet exercice, et il s’auto-suggestionnera ; habituez-le, et à votre instigation les phases de sa maladie se créeront et se dérouleront comme vous le voudrez et dans l’ordre qu’il vous plaira. Rien de plus simple et de plus compréhensible, et le lecteur a bien saisi. L’hystérie, et l’hystérie seule, est la cause et la clef de tout cela. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ L’allusion que j’ai faite tout à l’heure à l’hystérie aux Indes va me permettre, dans un instant, de ramener le lecteur au point de départ de mon enquête et de lui montrer, en bien peu de pages, — par l’exposé de faits ayant bien plus que ceux constatés à la Salpêtrière le cachet de la plus rigoureuse authenticité, — que des choses d’une étrangeté inouïe, stupéfiante, sont possibles dans l’hystérie provoquée, dans la suggestion et l’auto-suggestion, sans pour cela que le surnaturel ait à s’y mêler. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Il est difficile d’être plus clair, plus précis et plus complet. Dans ces quelques lignes, l’hypnotisme et la suggestion sont peints de main de maître, et nous qui connaissons l’hystérie, qui savons à quoi nous en tenir, nous savons maintenant ce qu’il faut entendre par ces mots : sommeil, catalepsie, somnambulisme, s’emparer de la sensibilité de quelqu’un, suggestion. L’hystérie nous a donné la clef, et la clef naturelle, de tout cela. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Ainsi, nous venons d’explorer à fond l’hystérie ; nous en avons vu jusqu’à ses phénomènes les plus monstrueux, qui, aux yeux du vulgaire, ont longtemps passé, et qui passent encore, aux yeux de bien des gens, pour des phénomènes surnaturels. Mais mon lecteur, désormais, ne s’y trompera plus, s’il est de ceux dont le jugement a quelquefois hésité. Je lui ai donné la clef de l’hystérie, depuis la simple contracture passagère jusqu’au suicide somnambulique ; il sait, à ne pas se méprendre, en quoi consiste l’hypnose et la suggestion. ”
Hermann Sabran, Hôtel-Dieu de Lyon. Inauguration du buste du professeur B. Teissier… (1894)
“ Cette doctrine mixte organo-vitaliste est celle qui a fait la base de l'enseignement de Teissier ; c'est d'elle dont il s'est toujours inspiré, s'efforçant de ne jamais isoler en clinique la lésion matérielle, de ses causes, de la nature du terrain et surtout de l'activité vivante de l'organisme. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ L’intestin, bien entendu, suivra les mêmes errements ; puis, c’est le cœur, comme ivre, qui battra la chamade sans rime ni raison, occasionnant de violentes douleurs et des palpitations ; le foie, les reins, les glandes diverses, se mettront aussi de la partie, pour sécréter ou se tarir à tort et à travers. Dès lors, c’est fait ; toute la sphère végétative du grand sympathique est prise, et l’incohérence fonctionnelle commence de ce côté : l’hystérie est faite. Voici que tout d’un coup, en effet, la première crise sérieuse et caractéristique a lieu. ”
François Rozier,
Cours d’agriculture
“ Une tension, une roideur convulsive, semblable, suivie d’un désir immodéré de la jument, n’est autre chose que ce que nous nommons satyriasis. Dans un certain relâchement des muscles, il y a chûte du membre. ”
Auguste Debay, Hygiène des plaisirs selon les âges… (1864)
“ SATYRIASIS. Cette effrayante et hideuse affection dépend de plusieurs causes ; d'abord un tempérament avec prédominance génitale, c'est-à-dire des organes développés à l'excès et incessamment excités par une imagination lubrique; l'empire de l'instinct brutal sur la raison ; enfin l'irritation morbide du système nerveux de l'appareil générateur et du cervelet. Le sujet qui vit sous l'influence d'une ou de plusieurs de ces conditions, marche à grand pas à la folie érotique, ou satyriasis, affection des plus graves, qui se termine généralement par la mort. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Aujourd’hui, par suite de résultats heureux qu’un certain nombre de médecins ont obtenus par leurs traitements des maladies nerveuses et de l’hystérie en particulier, des expériences de laboratoire qu’ils répètent peut-être avec un peu trop de fracas, sans les multiplier autant que le public se l’imagine, — beaucoup se figurent que la possession et la grande hystérie sont identiques. C’est une erreur qui n’est pas moins théologique que scientifique. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ L’hystérie est une maladie médicale, qui relève de la médecine et de la médecine seule ; la possession est un état spécial qui n’a rien à voir avec la maladie et relève de l’Église, et de l’Église seulement ; et jamais, au grand jamais, l’hystérique ne deviendra ou ne sera possédé, parce que hystérique ; pas plus que le possédé n’est un hystérique, en quoi que ce soit. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Très souvent, si j’en crois mes notes et si je m’en rapporte aux témoignages de nombreux ecclésiastiques qui ont eu maille à partir avec le diable en la personne d’exorcisés, très souvent, dis-je, il y a chez ces personnes des phénomènes d’hystérie ou hystériformes, à travers lesquels il est parfois bien difficile de démêler ce qui est propre à la névrose et ce qui est particulier au démon ”
Emile Téchoueyres, Essai sur les phénomènes cliniques qui peuvent s'associer à la respiration de Cheyne-Stokes… (1900)
“ Le malade s’est alors levé sur son séant; il est anhé-lant, oppressé, semblable à l’asphyxié, il cherche à se cramponner autour de lui dans l’espoir de mettre fin à la crise pénible qui le tourmente. Mais le calme va renaître. Peu à peu les inspirations, moins fortes, moins violentes, s’espacent, et, retraçant en sens inverse le cycle précédemment parcouru, s’atténuent et disparaissent. Un ou deux soubresauts de la poitrine dénotent encore le passage de la tempête. Puis l’apnée se produit et désormais en repos le malade attendra dans le plus grand calme la reprise des inspirations. ”
Gustave Nepveu, Mémoires de chirurgie (1880)
“ SQUIRRHE DU TESTICULE. 420 Trois fois le malade a été traité par les premiers médecins qui l'avaient vu, pour un cancer profond de l'abdomen, tant les troubles testiculaires sont en général peu prononcés. Les douleurs que l'on croit être la règle dans le cancer, et spécialement dans le squirrhe, sont exceptionnelles ; elles sont gravatives rarement, trèsfaibles et très-passagères dans la plupart des cas; aussi comprend-on que le malade n'ait eu son attention attirée de ce côté que par les changements de consistance, de volume et de forme de la glande séminale. ”
Contes russes (1886)
“ La poussière s'en élève jusqu'au ciel. Ils dansent, dansent toujours. Enfin, rendus, ils tombent comme des massés par terre, et alors Ivan Tzarevitsch entre avec eux en conversation. - Eh bien! dit-il, qu'aviez-vous à vous battre? Vous êtes tous deux, mes amis, des satyres distingués, et vous faites des bêtises comme des hommes? L'un des satyres lui dit : - Comment ne pas nous battre, juges-en toi-même : en marchant par la route, voilà que nous faisons une trouvaille. Moi je dis : « Elle est à moi, » et lui dit : « Elle est à moi ». ”
Pierre Briquet,
Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie
(1859)
“ Zimmermann, Tissot, Buchan, reconnaissaient, comme lui, que le régime débilitant augmentait notablement la susceptibilité nerveuse, et prédisposait aux affections hystériques. Tissot va même jusqu'à dire : prenez l'homme le plus robuste, le plus sec, le plus brûlé par les travaux ou par les liqueurs, cet homme ne connaît pas les maux de nerfs, aucune cause physique ou morale ne pourra lui donner les accidents qui les caractérisent. Mais que cet homme devienne malade, on le saigne, on le baigne, on le tait vivre de lait d'amandes, de décoctions d'orge, d'eau, de poulet, etc., etc. ”
Mémoires publiés à l'occasion du jubilé de… (1921)
“ Insuffisamment repue en aliments albuminoïdes, par suite de l'élection de son épithélium pour les matières grasses du lait, la larve de la tsétsé conserve pendant toute sa vie intra-utérine une avidité. nutritive extrême qui la porte à se surgorger de la sécrétion maternelle. L'ingestion étant plus rapide que l'absorption, il se produit au cours de la vie larvaire une surcharge stomacale qui dilate progressivement l'intestin moyen et le transforme en ce sac volumineux que nous avons décrit. ”
Prosper Dugas : vie et souvenirs (1878)
“ La mort ne pouvait-elle pas venir, ou plutôt la gloire du Seigneur lui apparaître? Satiabor, cùm apparuerit gloria tua. Dans la nuit du mercredi au jeudi, l'insomnie fut presque continuelle. Mon père dit à la Sœur qui le veillait : « Tout de même, cette maladie me mène rudement. Me voilà à peine au sixième jour, et je suis déjà si près de la fin. » Hélas! il ne parlait plus du dixième jour et des périodes successives de la fièvre typhoïde. N'était-ce pas le bon Dieu qui continuait à l'éclairer directement, non plus seulement sur la nature, mais sur la marche et sur l'issue de la maladie ? ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Arcs de cercles, bonds, hurlements, cacologie, scatologie, crises, attitudes, etc., etc., bien des choses, en un mot, d’apparence extraordinaire, surprenantes, se produisent également et dans l’hystérie et dans la possession, peuvent appartenir exclusivement à l’une, comme exclusivement à l’autre, et le diable peut parfaitement se servir d’une hystérie simple pour se manifester ou s’en servir pour tromper ; et ce n’est que lorsque certains phénomènes, dont l’Église a la clef, apparaissent, qu’il est permis de se prononcer nettement. ”
Marcel Tissot, Montmahoux et Passavant : histoire de deux chevaliers franc-comtois au XIVe siècle (1881)
“ Messire, me dit la mère; avant de répondre à votre désir, il est un point bien sérieux qu'il faut d'abord résoudre. Nous ne vous avons jamais vu fréquenter notre chapelle ni assister à nos saints offices : pourquoi ? En ce moment, Messires, je sens encore la même émotion terrible qui m'étreignit le cœur! D'une voix mal assurée j'eus à peine la force de répondre: Ma Dame, ma religion n'est pas la vôtre; mon Dieu est Allah ! Mahom est son prophète!. Horreur! s'écria en pâlissant la damoiselle; et elle se cacha le visage dans ses mains. Jamais, ajouta-t-elle, jamais ! ”
Joseph Teysseire, "Derelictus", suivi d'autres nouvelles… (1879)
“ A ces mots, je vis les yeux de Ludovic s'allumer d'un éclat inaccoutumé. Nous quittâmes le docteur. Es-tu invité à ce bal, me demanda Ludovic, lorsque nous fûmes dehors. Non. Et toi? Ni moi. Mais il faut que j'y aille. Je te répondrai comme tu as répondu au docteur au sujet de Mme de Lescours : - Ce serait une grande imprudence. Tu me juges donc bien malade ? fit-il d'un air anxieux. Non, sans doute, et c'est précisément parce que ton indisposition est à peu près guérie, que tu dois éviter tout ce qui pourrait t'occasionner une rechute. ”
Léo Taxil,
Le diable au xixe siècle
“ Eh bien, il en est de même pour l’hystérie. Mais ici un moyen de contrôle et de diagnostic des plus simples va nous permettre de cantonner dans son domaine tout ce qui lui appartient légitimement ; et ce moyen, c’est l’inconscience. L’inconscience est, le lecteur ne l’a pas oublié, une des caractéristiques principales de l’hystérie. Dans la grande névrose, le malade est automatique et agit pour ainsi dire mécaniquement. ”
Joseph Paguelle de Follenay, Monsieur Teysseyrre, ancien élève de l'école polytechnique… (1882)
“ M. Jalabert, vicaire général de Paris, administra les derniers sacrements au malade qui donna encore des signes de connaissance et de piété. Il priait constamment et parlait de sa Petite Communauté avec cette tendresse qui le caractérisait. Dans la journée, le danger augmenta beaucoup ; à dix heures du soir, il restait encore quelque espoir. A minuit, M. Teysseyrre fut sur le point d'expirer. Son frère, qu'on avait forcé de se reposer quelques instants, fut rappelé ; le malade était à l'agonie. Vers deux heures du matin, il rendit paisiblement son âme à Dieu. ”
James Purves-Stewart, Le diagnostic des maladies nerveuses (1910)
“ La transe hystérique ou léthargie vient spontanément ou bien succède à un paroxysme hystérique. C'est un état dans lequel le sujet paraît être plongé dans un profond sommeil ; mais il est rare que les muscles se détendent entièrement et nous observerons de légères trémulations des paupières. ”
Max Alexander, Amour, préservation et sécurité (1909)
“ Au réveil, le corps se trouve épuisé, mais les désirs augmentent d'intensité ; la face est rouge, la bouche écumante, l'œil étincelant. En proie aux ardeurs de la chair, obsédé par une insatiable salacité, le satyriaque se livre à des propos orduriers, à des actes obscènes et cherche par n'importe quels moyens à assouvir sa passion brutale. ”
Joseph Teissier, Les Albuminuries curables [I], par J. Teissier… (1900)
“ Je n'avais certes pas la prétention d'avoir le premier enregistré le phénomène clinique : un certain nombre d'observateurs en avaient déjà relevé des exemples. Mon but surtout était de mettre plus nettement en lumière, la véritable portée clinique de ce syndrome, d'en déterminer l'évolution, d'en analyser les conditions provocatrices, de montrer, enfin, qu'on avait bien affaire, non pas à un symptôme isolé mais à un véritable complexus, ayant sa signification propre et sa valeur personnelle. ”
Emmery Blin, Leçons du mardi à la Salpêtrière… (1889)
“ Ce malade n'aurait point d'attaques convulsives que cela nous suffirait, remarquez-le bien, pour dire : c'est un épileptique qui a quelque chose de plus que son épilepsie; il a de l'hystérie. Mais il a, je le répète, des attaques d'hystérie qui surviennent spontanément et de ces attaques voici la description : C'est au sortir de sa fièvre typhoïde qu'il est tombé dans la grande hystérie; c'est alors que sont apparues cette anesthésie, ces douleurs de ventre, ces crises qu'il ne connaissait pas auparavant. ”
Louis-François Trolliet, Discours d'ouverture du cours d'anatomie appliquée à la peinture et à la sculpture… (1811)
“ Tissol rapporte que la mort d'une fille chérie causa un chagrin si profond à sa mère qui l'aimait tendrement, qu'une fièvre lente la conduisit à un état d'étisie dont rien ne put ralentir le cours. Le chagrin n'agit pas toujours avec cette lenteur. ”
Emile Téchoueyres, Essai sur les phénomènes cliniques qui peuvent s'associer à la respiration de Cheyne-Stokes… (1900)
“ L’état psychique paraît subir les mêmes oscillations. Dès que survient la phase de repos, le malade ne répond plus aux questions qu’on lui pose, il les comprend cependant, mais ne peut s’expliquer qu’à la reprise des inspirations. — Le malade de notre observation I, interrogé à la première inspiration, paraît étonné de la phase d’obnubilation qu’il vient de traverser. ”
“ L’HOMME ET LE SATYRE Jadis un homme avait fait, dit-on, un pacte d’amitié avec un satyre. L’hiver étant venu et avec lui le froid, l’homme portait ses mains à sa bouche et soufflait dessus. Le satyre lui demanda pourquoi il en usait ainsi. Il répondit qu’il se chauffait les mains à cause du froid. Après, on leur servit à manger. Comme le mets était très chaud, l’homme le prenant par petits morceaux, les approchait de sa bouche et soufflait dessus. Le satyre lui demanda de nouveau pourquoi il agissait ainsi. Il répondit qu’il refroidissait son manger, parce qu’il était trop chaud. ”
Alfred Auvard, Santé : comment se bien porter… (1920)
“ Dans l'hystérie les communications nerveuses sont plus ou moins interrompues. Dans l'asthénie, le fluide vital ou prana fait partiellement défaut. Dans la lésion, un organe est altéré, et son vice de fonctionnement retentit sur la santé générale. Notre organisme est comme un réseau télégraphique, qui peut se détraquer de trois façons : soit parce que la communication est interrompue en un point quelconque. c'est l'hystérie soit parce que la pile ne fournit pas la quantité suffisante de fluide électrique. c'est l'asthénie soit enfin parce qu'un des appareils a été brisé. c'est la lésion. ”
