Résumé

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Oeuvres complètes de Gustave Flaubert… (1885)

Màtho était acharne ; chaque obstacle renforçait sa colère ; il en arrivait à des choses terribles et extravagantes. Il convoqua Salammbô, mentalement, à un rendez-vous ; puis il l'attendit. Elle ne vint pas : cela lui parut une trahison nouvelle ; désormais, il l'exécra. S'il avait vu son cadavre, il s'en serait peut-être allé.. Il doubla les avant-postes, il planta des fourches au bas du rempart, il enfouit des chausse-trapes dans la terre ; et il commanda aux Libyens de lui apporter toute une forêt pour y mettre le feu, et brûler Carthage, comme une tanière de renards.
Source : Gallica

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Oeuvres complètes de Gustave Flaubert… (1885)

« — Si elle n'était pas la fille d'Hamilcar...
« — Non ! — s'écria Mâtho. — Elle n'a rien d'une autre fille des hommes! As-tu vu ses grands yeux sous ses grands sourcils, comme des soleils sous des arcs de triomphe ? Rappelle-toi : quand elle a paru, tous les flambeaux ont pâli. Entre les diamants de son collier, des places sur sa poitrine resplendissaient; on sentait derrière elle comme l'odeur d'un temple, et quelque chose s'échappait de tout son être qui était plus suave que le vin et plus terrible que la mort. Elle marchait cependant, et puis elle s'est arrêtée. »
Source : Gallica

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Oeuvres complètes de Gustave Flaubert… (1885)

Matho baissa la tête ; il continua:
« — Nous succomberions; l'armée d'elle-même s'anéantirait. Nous n'avons ni fuite à espérer, ni secours, ni pardon ! Quel châtiment des Dieux peux-tu craindre, puisque tu vas avoir leur force dans les mains? Aimes-tu mieux périr le soir d'une défaite, misérablement, à l'abri d'un buisson, ou parmi l'outrage de la populace, dans la flamme des bûchers? Maître, un jour, tu entreras à Carthage, entre les collèges des pontifes, qui baiseront tes sandales; et si le voile de Tanit te pèse encore, tu le rétabliras dans son temple. Suis-moi! viens le prendre. »
Source : Gallica

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