“ Et les braves compagnons de Sarpèdôn l’enlevèrent hors de la mêlée. Et il gémissait, traînant la longue pique de frêne restée dans la blessure, car aucun d’eux n’avait songé à l’arracher de la cuisse du guerrier, pour qu’il pût monter sur son char, tant ils se hâtaient. De leur côté, les Akhaiens aux belles knèmides emportaient Tlèpolémos hors de la mêlée. Et le divin Odysseus au cœur ferme, l’ayant aperçu, s’affligea dans son âme ; et il délibéra dans son esprit et dans son cœur s’il poursuivrait le fils de Zeus qui tonne hautement, ou s’il arracherait l’âme à une multitude de Lykiens. ”
Homère
Résumé
L’Iliade, épopée attribuée à Homère, raconte les dernières semaines de la guerre de Troie, avec une attention particulière portée à la fureur d’Achille et au décès d’Hector. Composée de 24 chants en hexamètres dactyliques, elle aborde les thèmes de la renommée (kleos), du destin et de la violence, dans un récit où divinités et guerriers entretiennent des rapports étroits.
Achille, le plus redoutable des Achéens, s’éloigne après un conflit avec Agamemnon, entraînant la défaite des Grecs jusqu’à son retour. L’œuvre, considérée comme fondatrice de la littérature grecque, a nourri des siècles d’interprétations et de créations, telles que l’Énéide de Virgile, tout en soulevant des interrogations sur l’authenticité d’Homère en tant qu’auteur.
Citations de Iliade (Homère)
Homère,
Iliade
(VIIIe siècle av. J.-C.)
“ Et il rencontra le brave et irréprochable fils de Lykaôn, et, s’approchant, il lui dit : — Pandaros ! où sont ton arc et tes flèches ? Et ta gloire, quel guerrier pourrait te la disputer ? Qui pourrait, en Lykiè, se glorifier de l’emporter sur toi ? Allons, tends les mains vers Zeus et envoie une flèche à ce guerrier. Je ne sais qui il est, mais il triomphe et il a déjà infligé de grands maux aux Troiens. Déjà il a fait ployer les genoux d’une multitude de braves. Peut-être est-ce un dieu irrité contre les Troiens à cause de sacrifices négligés. Et la colère d’un dieu est lourde. ”
Homère,
Iliade
(VIIIe siècle av. J.-C.)
“ Tu veux arracher à la mort lugubre cet homme mortel que la destinée a marqué pour mourir ! Fais-le ; mais jamais, nous, les dieux, nous ne t’approuverons. Et Zeus qui amasse les nuées, lui répondant, parla ainsi : — Rassure-toi, Tritogénéia, chère fille. Je n’ai point parlé dans une volonté arrêtée, et je veux te complaire. Va, et agis comme tu le voudras. Il parla ainsi, excitant Athènè déjà pleine d’ardeur ; et elle s’élança du faîte de l’Olympos. Et, cependant, le rapide Akhilleus pressait sans relâche Hektôr, de même qu’un chien presse, sur les montagnes, le faon d’une biche. ”
