Auguste Gilbert de Voisins

Auguste Gilbert de Voisins

Résumé

Portrait de Auguste Gilbert de Voisins Auguste Gilbert de Voisins Pour l'Amour du Laurier: Roman

Soudain, Lautonne poussa un cri :
« Clorinde ! Clorinde ! viens me donner un baiser ! Je suis heureux ! Je voudrais être en paix avec tout le monde ! Je vois un autre, un nouveau poème, ainsi que l’on voit une personne vivante. En vérité, il respire, il agit... Ce n’est plus une figure de mon imagination, c’est une figure dans l’univers. Bientôt elle se détachera de moi, mais pas avant que je n’aie fini de l’orner, de lui donner du sang aux joues, de la flamme aux prunelles, de la brise aux cheveux !... Clorinde ! merci du baiser ! »
Chrysolet s’approcha par deux brusques bondissements.
Source : Gutenberg

Portrait de Auguste Gilbert de Voisins Auguste Gilbert de Voisins Pour l'Amour du Laurier: Roman

Sylvius ouvrait les yeux comme un enfant ébahi :
« C’est plus beau qu’un beau songe, s’écria-t-il soudain. O mon immortelle ! vous me rendez toute la magie de mon enfance, alors que, dans l’ombre de deux chênes, je rêvais d’être roi et de vouer ma vie à l’amour du laurier ! »
La vieille bondit vers Sylvius et, scrutant ses prunelles, murmura :
« Pauvre petit ! Serais-tu donc ambitieux ?
— Non ! la vie est trop laide ! Vous partie, je ne saurai que faire dans un monde sans rêves et sans aventures. »
La vieille se leva et se mit à rassembler les fils de soie qui ondoyaient dans l’air.
Source : Gutenberg

Portrait de Auguste Gilbert de Voisins Auguste Gilbert de Voisins Pour l'Amour du Laurier: Roman

Les algues se détachaient des jambes de Lautonne, et Sylvius ne l’en avertit point, car, en baissant la tête, il pouvait voir dans ce pays de lumière qu’il quittait, des bras tendus, des gestes de piété implorante, d’amour et de foi.
« Ah ! que parmi ces néréides, il s’en trouve une au moins qui voie les jambes torses, qui s’étonne, qui doute, et propage enfin l’impiété. »
Ils entrèrent dans la nuit, dans la pénombre, dans une aube bleuâtre. Soudain, ce fut l’air libre qui remplit leur poitrine.
L’aventure était close. « L’Opale » se balançait près d’eux. Clorinde leur jeta une corde.
Source : Gutenberg

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