Paul Arène,
Poésies de Paul Arène
(1900)
“ Le Léthé n'est plus qu'un ruisseau courant entre les pierres, avec des roseaux séchés où les oiseaux font leur nid. Mais un beau jour le temps se fâche, L'averse gonfle le ruisseau, Et le nid, qu'un brin d'herbe attache, S'élève en même temps que l'eau. Le fleuve redevient torrent, mais un torrent vite desséché à nouveau. Car, hélas ! il en est venu Tant et tant et de telle foule Qu'aujourd'hui, lit de cailloux nu, Plus rien ne luit, plus rien ne coule. Montons plus haut, tout seuls, tout seuls, Aux clartés de la lune amie, A la grotte où, sous les glayeuls, La naïade, s'est endormie. ”
