Paul Arène

Paul Arène

Résumé

Portrait de Paul Arène Paul Arène Poésies de Paul Arène (1900)

Le Léthé n'est plus qu'un ruisseau courant entre les pierres, avec des roseaux séchés où les oiseaux font leur nid.
Mais un beau jour le temps se fâche, L'averse gonfle le ruisseau, Et le nid, qu'un brin d'herbe attache, S'élève en même temps que l'eau.
Le fleuve redevient torrent, mais un torrent vite desséché à nouveau.
Car, hélas ! il en est venu Tant et tant et de telle foule Qu'aujourd'hui, lit de cailloux nu, Plus rien ne luit, plus rien ne coule.
Montons plus haut, tout seuls, tout seuls,
Aux clartés de la lune amie,
A la grotte où, sous les glayeuls,
La naïade, s'est endormie.
Source : Gallica

Portrait de Paul Arène Paul Arène Poésies de Paul Arène (1900)

L'air est si chaud que la cigale, La pauvre cigale frugale ; Qui se régale de chansons, Ne fait plus entendre les sons De sa chansonnette inégale, Et, rêvant qu'elle agite encor Ses petits tambourins de fée, Sur l'écorce des pins chauffée Où pleure une résine d'or, Ivre de soleil, elle dort.
Aujourd'hui, comme sa soeur la cigale, le poète s'est endormi. Il repose en plein coeur de son pays, et dans sa ville natale.
Source : Gallica

Portrait de Paul Arène Paul Arène Poésies de Paul Arène (1900)

Quand la brise des bois l'apporte sur son aile, Le vin bout dans la grappe, et le coeur de Marton S'ouvre naïf ainsi que la rose en bouton... C'est la grande chanson du grand Polichinelle.
Tout doré, le nez rouge et la pratique aux dents, Remplissant terre et cieux d'appels gais et stridents, Polichinelle est roi, Polichinelle danse.
Et le diable prend peur au bruit de ses sabots, Et le bourreau, subtil pourvoyeur de corbeaux, Se pend de désespoir à sa propre potence.
Source : Gallica

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