Jean Aicard

Jean Aicard

Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Miette et Noré (1880)

« Vois, dit Norine, c’est ton baiser que j’essuie ! »
— « Attends ! » cria Mius qui la prit par le bras.
Et Noré : — « Garde à toi, si tu ne lâches pas ! »
— « Toi, fit Mius piqué, — vas en défendre d’autres !
N’as-tu pas tes amours ? gardons chacun les nôtres.
Il fallait être là, le soir de la chanson !
Nous avons chansonné ta Miette, garçon ! »
— « ... En étais-tu ? » cria Noré. — « Tiens ! je m’en doute ! »
— « O gueux ! ô mendiant ! » dit Noré. — « Je t’écoute, »
Dit Mius, grand gaillard bâti comme Noré.
— « Tu n’es qu’un gueux ! c’est tout ce que je te dirai. »
— « Répète-le ! »
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Miette et Noré (1880)

« Je les vois,
Dit Jacque, et ça me fait saigner le cœur et l’âme ! »
— « L’an qui vient, nous serons ruinés ! dit sa femme ;
Dans deux, trois ans, du train dont va le mal, — ma foi,
La vigne est morte !... Adieu, belle France ! » — « Tais-toi,
Femme ! quand on ne sait ce qu’on dit, faut se taire.
On ne pourrait donc plus se fier à la terre !
C’est mal parler. — Bon an, mal an, coquin de sort !
Elle nourrit le monde ! — Et puis, Dieu n’est pas mort ! »
Et le vieux, étendant le doigt vers la colline,
Pliant sur ses jarrets pour redresser l’échine :
« Dieu, le voilà ! » dit-il.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Miette et Noré (1880)

J’ai trouvé ce battoir, Miette, c’est le vôtre,
Dit la vieille criant à la façon des sourds ;
Ah ! j’y vois mieux des fois que d’autres ; j’ai mes jours.
Il faut le dire aussi : j’ai buté du pied contre ! »
Mion ne le voit pas ; la vieille le lui montre :
— « Il est là, lui dit-elle, au pied du gros chardon. »
— « Aujourd’hui, pour le coup, oui, vous avez l’œil bon, »
Dit Miette, et tandis qu’ajoutant : « Merci, Fine, »
Elle s’en va, — la vieille a relevé l’échine,
La suit des yeux et part, disant : « Chacun son tour ! »
Et, seul, le rossignol éclate en cris d’amour.
Source : Gutenberg

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