Jean Tisseur, Poésies de Jean Tisseur, recueillies par ses frères… (1885)
“ La rosée affluer et les roses éclore. Non, comme les vergers, les plantes, les buissons, Mon âme aura sa part de neige et de glaçons ; Ce téméraire amour, délire de ma vie, Ces bourgeons où se perd la sève qui dévie, Ce printemps douloureux qui frémit dans mon sein, Ce luxe amer, ces fleurs, cette couronne enfin Qui sèche, en l'épuisant, l'arbuste qui la porte, Prends-les ; que loin de moi ton souffle les emporte ; Prends-les ; de cet amour que je sois délivré, O pacifique Hiver, et je t'en bénirai, Toi qui peux assoupir les flammes invisibles, Celles du coeur, hélas ! ”
