Auguste Vacquerie

Auguste Vacquerie

Résumé

Portrait de Auguste Vacquerie Auguste Vacquerie Odes funambulesques (2e éd.) (1859)

APRÈS LA LECTURE DE SES ODES FUNAMBULESQUES.
Ton volume éclate de rire, Mais le beau rayonne à travers. J'aime ce carnaval du vers Où l'ode se masque en satire.
C'est méchant et c'est excellent ! C'est la ruade et l'étincelle, Le coup de poing et le coup d'aile; Ça fredonne, même en ronflant.
C'est le babil de toutes choses, De l'éteignoir et du flambeau; C'est le laid qui devient le beau ; C'est le fumier frère des roses !
C'est l'idéal dans le réel C'est la vérité qui s'insurge
Source : Gallica

Portrait de Auguste Vacquerie Auguste Vacquerie Odes funambulesques (2e éd.) (1859)

ODES FUNAMBULESQUES. 279
Avec nous l'on chante et l'on aime, Nous sommes frères des oiseaux. Croissez, grands lys, chantez, ruisseaux, Et vive la sainte Bohème !
Fronts hâlés par l'été vermeil, Salut bohèmes en délire ! Fils du ciseau, fils de la lyre, Prunelles pleines de soleil ! L'aîné de notre race antique C'est toi, vagabond de l'Attique, Fou qui vécus sans feu ni lieu, Ivre de vin et de génie, Le front tout barbouillé de lie Et parfumé du sang d'un dieu!
Avec l'on chante et l'on aime, Nous sommes frères des oiseaux, Croissez, grands lys, chantez, ruisseaux, Et vive la sainte Bohème !
Source : Gallica

Portrait de Auguste Vacquerie Auguste Vacquerie Odes funambulesques (2e éd.) (1859)

O ma blonde Évohé, ma muse au chant de cygne, Regarde ce qu'ils font de ce théâtre insigne. O pudeur ! autrefois, dans ces décors vivants Où l'oeil voyait courir le souffle ailé des vents, L'eau coulait en ruisseaux dans les conques de marbre, Et le doigt du zéphyr pliait les feuilles d'arbre. L'orchestre frémissant envoyait à la fois Son harmonie à l'air comme une seule voix; Tout le corps de ballet marchait comme une armée: Les déesses du chant, troupe jeune et charmée, Belles comme Ophélie et comme Alaciel, Avaient dans le gosier tous les oiseaux du ciel
Source : Gallica

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