Auguste Gilbert de Voisins,
Sentiments
(1905)
“ Ceux qui aiment Baudelaire d’un cœur fervent et passionné ont préféré songer à lui au coin du feu, ou, mieux encore, s’entretenir l’esprit de spleen à son sujet dans un coin sinistre de la banlieue, sous le ciel de soie grise.Aujourd’hui, jour des Morts, il est doux d’évoquer la grande ombre d’un poète qui fut malchanceux tant qu’il vécut sa vie de mortel, et, par un singulier guignon, reste malchanceux dans l’immortalité. Pourtant, depuis quelques années, on s’est évertué à retoucher l’odieuse, la difforme caricature que l’on avait faite de cet honnête homme ; ce fut l’œuvre d’honnêtes gens. ”
