Résumé

Portrait de Paul Alexis Paul Alexis Les soirées de Médan

Édith crut avoir sommeil, s’étendit de son long sur la paille, prit ses dispositions pour dormir. Elle était sur le côté droit, les pieds dans une couverture, à l’avant de la charrette, la tête un peu exhaussée et touchant presque le cercueil. Et elle fermait les yeux depuis un moment, cherchant à s’assoupir, lorsque tout à coup la lanterne, dont la bougie avait brûlé jusqu’au bout, s’éteignit.
Ils se trouvaient tous les deux au fond d’une obscurité profonde. Gabriel, toujours sur le banc, les guides à la main, ne distinguait même plus la route. Le cheval continuait d’avancer, machinalement.
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Il n’eut que le temps de gagner au bord de la route une borne, au pied de laquelle il laissa choir son sac et il s’assit sur le sac. Maintenant la nuit était noire, le brouillard plus épais. Le dos appuyé à la borne, il écouta. Plus rien. Pas un bruit humain ; pas même un aboiement lointain de chien, ni un cri de chouette ; à se croire au fond d’un désert, et d’un désert ne contenant pas une bête vivante ! Il appliqua l’oreille contre le sol. Alors, tout là-bas, quelque part au fond du brouillard, un très lointain grondement.
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Le sac était resté à terre. Elle le ramassa, le porta elle-même jusqu’à la borne.
— Là, vous ne risquerez plus au moins d’être écrasé.
Et elle éleva sa lanterne. Le malheureux s’avançait clopin-clopant. Elle n’osa plus lui dire « dépêchez-vous ! » Elle fit même quelques pas à sa rencontre, élevant toujours la lanterne. Ses regards rencontrèrent ceux du blessé ; elle s’aperçut qu’il avait les yeux pleins de larmes. Elle remarqua aussi sa grande jeunesse. Un commencement d’intérêt naissait en elle. Elle lui adressa de nouvelles questions :
— Comment vous appelez-vous ?
— Gabriel...
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