Paul Alexis,
Les soirées de Médan
“ Édith crut avoir sommeil, s’étendit de son long sur la paille, prit ses dispositions pour dormir. Elle était sur le côté droit, les pieds dans une couverture, à l’avant de la charrette, la tête un peu exhaussée et touchant presque le cercueil. Et elle fermait les yeux depuis un moment, cherchant à s’assoupir, lorsque tout à coup la lanterne, dont la bougie avait brûlé jusqu’au bout, s’éteignit. Ils se trouvaient tous les deux au fond d’une obscurité profonde. Gabriel, toujours sur le banc, les guides à la main, ne distinguait même plus la route. Le cheval continuait d’avancer, machinalement. ”

