Ludovic Halévy,
L'invasion : souvenirs et récits
(1872)
“ J'ai marché pendant trois mois dans la boue, dans la neige, du côté d'Orléans, du côté du Mans. Nous aurions mieux aimé nous battre, mais nous n'avons pas eu de chance, nous tombions toujours dans les déroutes, et alors il n'y avait plus qu'à se sauver devant les Prussiens. Nous partons, nous traversons Barentin. Dans toutes les maisons des dragons prussiens. Ce n'est plus la guerre ; c'est quelque chose de plus triste et de plus affreux encore : c'est l'occupation paisible de la France par les Prussiens. Devant la porte d'une maison, un dragon cirait ses grosses bottes de cheval. ”
