Colette

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Résumé

Portrait de Colette Colette La Fin de Chéri (1926)

On dansait au Desmond's, le jour et la nuit, comme on danse au lendemain d'une guerre: les hommes, jeunes et vieux, délivrés du souci de penser et de craindre, vides, innocents, les femmes vouées à un plaisir plus grand que la volupté précise: la compagnie de l'homme, le contact de l'homme, son odeur, sa chaleur roboratives, la certitude, de la tête aux pieds éprouvée, d'être la proie d'un homme tout entier vivant, et d'obéir dans ses bras à un rythme aussi intime que celui du sommeil.
«Desmond s'est couché à trois heures, ou trois heures et demie, calcula Chéri. Il a assez dormi.»
Source : Gutenberg

Portrait de Colette Colette La Fin de Chéri (1926)

Pourquoi ne dis-tu rien? insista Léa.
Elle perdait par degrés son calme en dépit de son immobilité résolue. Elle jouait, d'une main, avec sa chaîne de grosses perles, nouait et dénouait leur nacre éternelle, lumineuse et comme voilée d'une humidité indicible, autour de ses grands doigts flétris et soignés.
«Peut-être a-t-elle seulement peur de moi», rêvait Chéri... «Un homme qui se tait, comme je fais, c'est toujours un peu un fou. Elle pense à la peur de Valérie Cheniaguine. Si j'étendais le bras, est-ce qu'elle crierait à l'assassin? Ma pauvre Nounoune...»
Source : Gutenberg

Portrait de Colette Colette La Fin de Chéri (1926)

Elle maniait comme un éventail une rose à tige feuillue. Elle refusa d'un signe le plat qu'on passait et s'accouda. Vêtue de blanc, l'épaule nue, elle n'était pas exempte, même dans l'immobilité, de cette satisfaction intime, de cette considération de soi qui la classaient. Quelque chose d'outrageant rayonnait à travers son suave contour. Une indiscrète lueur décelait celle qui veut parvenir et qui n'a connu encore que le succès.
«Edmée, jugea Chéri, c'est une femme qui n'aurait jamais dû avoir plus de vingt ans. Voilà qu'elle commence à ressembler à sa mère.»
Source : Gutenberg

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