Théodore Lorin

Élements biographiques

Théodore Lorin Fables (1850)

Un renard, dis-je, atteint de certain mal Qui le faisait trembler pour sa coupable vie, Avait fait vœu, s'il pouvait réchapper, De s'amender, et de ne s'occuper, Jusqu'à sa mort que d'oeuvre pie.
« Oui, dit-il, convertissons-nous : Du ciel désarmons le courroux.
C'en est fait, je renonce au meurtre, à la rapine ; Aux dépens de la gent géline Je n'assouvirai plus mon appétit glouton, Et je ne croquerai ni poule, ni chapon. »
Par malheur, au moment où la grâce divine Opérait sur notre larron, Dans une basse-cour voisine,
Il entend le coquerico D'un jeune coq : voilà ses serments à vau-l'eau.
Source : Gallica

Théodore Lorin Fables (1850)

Notre animal à longue oreille N'avait jamais goùté nourriture pareille : Il la jugea fade en comparaison
De l'âpre et roqueleux chardon.
De butin chargée, une abeille En bourdonnant à la ruche rentrait : Elle aperçoit le stupide baudet.
Le piquant de son dard : « Éloigne-toi, profane, Lui dit-elle en fureur ; notre miel n'est pas fait Pour le palais grossier d'un âne. »
Sur plus d'un bipède ignorant On peut porter le même jugement.
Ces beaux messieurs n'ont point d'oreille Pour l'esprit et le vrai talent ; Mais ce n'est pas pour eux que travaille l'abeille.
Source : Gallica

Théodore Lorin Fables (1850)

« Comment, se disait-elle, Oser lui gazouiller de si chétifs accents ? »
« Eh bon Dieu! que crains-tu? dit une tourterelle.
Ton hommage est le pur élan Du plus sincère attachement : Or, tu le sais, de Philomèle Le cœur est bon, sensible, aimant.
Compte donc sur sa bienveillance : D'ailleurs, une douce indulgence Est l'apanage du talent. »
Julie, avec transport j'accepte cet augure, Et je viens vous offrir, non l'hommage flatteur D'un bas et froid adulateur, Mais des chants inspirés par la simple nature.
Si pour mes faibles vers, votre goût me fait peur, De votre cœur la bonté me rassure.
Source : Gallica

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