“ Ainsi, sans s’en douter, Psyché se rendit elle-même amoureuse de l’Amour. De plus en plus éprise de celui par qui l’on s’éprend, elle se penche sur lui la bouche ouverte, et le dévore de ses ardents baisers. Elle ne craint plus qu’une chose, c’est que le dormeur ne s’éveille trop tôt. Mais tandis qu’ivre de son bonheur, elle s’oublie dans ces transports trop doux, la lampe, ou perfide, ou jalouse, ou (que sais-je ?) impatiente de toucher aussi ce corps si beau, de le baiser, si j’ose le dire, à son tour, épanche de son foyer lumineux une goutte d’huile bouillante sur l’épaule droite du dieu. ”
Apulée
Résumé
L'« Œuvres complètes » d'Apulée, un corpus littéraire antique, réunit des récits mythologiques et philosophiques marqués par la transformation, l'amour divin et les enjeux humains. Les personnages clés, comme Psyché, Vénus ou Lucius, incarnent des tensions entre mortalité et divinité, tandis que les thèmes de l'âne, du sommeil ou des larmes soulignent la vulnérabilité humaine.
Les citations révèlent une prose poétique et introspective, mêlant mythe et réflexion existentielle. Cette œuvre, riche en symboles, explore les rapports entre les dieux et les hommes à travers des métamorphoses et des épreuves épiques.
Citations de ''Œuvres complètes'' (Apulée)
“ Je viens à toi, Lucius, émue par tes prières. Je suis la Nature, mère de toutes choses, maîtresse des éléments, principe originel des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, la première entre les habitants du ciel, type universel des dieux et des déesses. L’Empyrée et ses voûtes lumineuses, la mer et ses brises salubres, l’enfer et ses silencieux chaos, obéissent à mes lois : puissance unique adorée sous autant d’aspects, de formes, de cultes et de noms qu’il y a de peuples sur la terre. Pour la race primitive des Phrygiens, je suis la déesse de Pessinonte et la mère des dieux ”
“ Plus un pas pour toi sans une main qui te guide ; plus de Charité, plus d’hymen. La mort, moins le repos ; la vie, sans ses jouissances ; voilà ton lot. Va-t’en errer, douteux simulacre, entre la lumière du soleil et la nuit de l’Érèbe. Vainement chercheras-tu la main qui a détruit ta prunelle ; et, pour combler la mesure de tes maux, tu ne sauras à qui t’en prendre. Moi, du sang de tes yeux, j’irai faire une libation sur le tombeau de mon Tlépolème, et je les offrirai à ses mânes sacrés comme victime expiatoire. ”
