Résumé

Nicolas Gueudeville Critique du second tome des Avantures de Télémaque (1700)

La Mi- nerve de Telemaque n'est pas dans le cas, dira-t-on, elle n'est pas la favorire de Jupiter, & ne tient point à lui par des noeuds secrets ; cela est faux. Minerve n'est-elle pas le flambeau qui éclaire Jupiter, & à la lumiere duquel il se conduit absolument; or cette Minerve est fourbe ; grand préjugé qu'elle ne vaut pas grand chose ; que la vertu & la devotion lui fervent de masque; car la duplicité de cœur est la fource de tous les crimes ; quiconque est fourbe peut- être un scelerat.
Source : Gallica

Nicolas Gueudeville Critique du second tome des Avantures de Télémaque (1700)

La navigation ne peut être plus heureuse dans son commen- cement, ni plus triste dans sa fin : la mer fournit une ample matière aux conteurs d'Avanture: le naufrage est un des beaux sujets qu'ils puissent trouver pour bien pouffer l'exageration, & pour faire des deseriptions touchantes; le mal est que la vie des hommes ne leur coûte rien, & que pourvu qu'ils en sauvent miraculeusement un ou deux ils abandonnent les autres à leur mauvais destin.
Source : Gallica

Nicolas Gueudeville Critique du second tome des Avantures de Télémaque (1700)

Nôtre Auteur trouve ce dessein fort fage & en fait un mérite à Mentor : mais avec tout le respect que je dois à son sublime genie il s'eloigne de ses propres Principes, & il me semble qu'il devoit gar- der sa loüange pour quelque chose qui le méritât mieux. Minerve, cette sagesse supréme & infaillible, qui connoit tout le bien & le mal, & qui est incapable par sa nature de s'ecarter jamais de la justice; Minerve qui veut que Telemaque soit d'une droiture la plus exacte, & d'une, sincerité à aimer mieux mourir que de sauver sa vie par un leger mensonge
Source : Gallica

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