“ Il est bien juste que tu te reconnoisses entièrement redevable de la vie à une Déesse, qui, par son secours, t’a remis au nombre des hommes. Au reste, tu vivras heureux et plein de gloire sous ma protection, et lorsqu’après avoir accompli le temps que tu dois être sur la terre, tu seras descendu aux enfers, dans cet hémisphère souterrain, où tu auras l’avantage d’habiter les champs élisées, tu ne manqueras pas d’être régulier à m’adorer, moi qui brille dans les ténèbres de l’Acheron, et qui règne dans le palais infernal, et j’y recevrai tes hommages avec bonté. ”
Apulée
Résumé
"Les Métamorphoses" d'Apulée, roman antique mêlant fiction et mythologie, raconte les aventures de Lucius, transformé en âne par une malédiction, et de Psyche, confrontée aux caprices de Vénus. À travers des thèmes de métamorphose, d'amour et de divinité, l'œuvre explore les tensions entre humains et dieux, le destin et la rédemption.
Les récits de l'enfer, de la magie et des épreuves émotionnelles, comme les souffrances de Psyche ou les dilemmes de Lucius, reflètent une quête spirituelle. L'œuvre, structurée en récits interconnectés, met en scène des figures mythiques et des questions universelles, illustrant la complexité des relations entre le mortel et le divin.
Citations de Les Métamorphoses (Apulée)
“ En cet endroit l’Envie est prise pour la déesse même de l’envie, ce qui n’auroit pas été entendu en françois. L’envie est le chagrin que l’on ressent de la prospérité d’autrui ; cette passion est différente de la haine ; celle-ci s’exerce contre les méchans, l’autre contre les gens de bien. La haine se montre à découvert, mais on dissimule l’envie. La haine procède du vice d’autrui ; l’envie au contraire des biens et de la vertu d’autrui. La haine est commune aux bêtes brutes ; l’envie est particulière à l’homme seul. ”
“ Psiché, abandonnée à elle-même, ou plutôt aux furies qui la déchirent, n’est pas moins agitée que la mer pendant l’orage. Quelque ferme résolution qu’elle eût prise, le temps venu d’exécuter son dessein, elle chancelle, et ne sait à quoi se résoudre. Dans le triste état où elle est réduite, son cœur est tourmenté de mille passions différentes ; elle se hâte, elle diffère, elle ose, elle craint, elle se défie, elle est transportée de colère ; et ce qui est de plus cruel pour elle, dans le même objet, elle hait un monstre et aime un mari. ”
