Camille Saint-Saëns,
Rimes familières
“ L’arbuste pousse vite et son riche feuillage A bientôt recouvert Le jeune arbre sans grâce et sans fleurs, qu’un même âge Fait moins fort et moins vert. Sois patient ! le Temps qui sans pitié ravage Et la tige et la fleur De l’arbuste, saura du vieux chêne sauvage Consacrer la valeur ; Ses branches se tordant ainsi que des reptiles Croîtront dans l’avenir, Quand on aura perdu des plantes inutiles Même le souvenir. À toi merci, prophète aux strophes téméraires, Pour avoir deviné Que le frêle arbrisseau, battu des vents contraires, Était prédestiné ! ”
