Barchou de Penhoën

Résumé

Barchou de Penhoën Revue des Deux Mondes

Elle est la raison même de l’intuition. C’est par elle, c’est par sa toute-puissance, qu’il a été donné à la nécessité d’habiter au sein de la liberté, à la liberté d’habiter dans celui de la nécessité.
L’absolu, l’identique, qui se sépare en deux dans le premier acte de conscience, qui, en se scindant de la sorte, donne naissance au monde entier du fini, cet absolu, cet identique, ne saurait être un prédicat. Il suffit d’un instant de réflexion pour en demeurer convaincu. Aucun prédicat engendré par l’intelligence humaine ne saurait non plus lui convenir.
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Barchou de Penhoën Revue des Deux Mondes

La science ne peut s’élever jusqu’à lui. Il n’existe pour nous qu’en tant qu’il est une supposition nécessaire à chacun des actes que nous exécutons. Il existe par la croyance.
Cet absolu est le véritable fondement de l’harmonie préétablie, dans l’acte libre, entre le subjectif et l’objectif, non-seulement dans l’individu, mais dans l’espèce entière. C’est pour cela que nous devons retrouver cette identité éternelle, immuable, invariable, enlacée sur tous les points avec la nécessité. Ce sont les fils au moyen desquels une main inconnue tisse sous nos yeux la trame de l’histoire.
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Mais dans le monde de l’histoire, c’est-à-dire dans cette infinie multitude d’actes divers par lesquels les hommes manifestent leur passage sur la terre, combien ne s’en faut-il pas qu’il en soit de même ! Aucune régularité ne se laisse apercevoir dans la succession des événemens ; aucun rapport stable ne se montre entre ces événemens eux-mêmes. Ils apparaissent çà et là, sans ordre ni suite. Le vent capricieux de la volonté humaine paraît les avoir soulevés au hasard dans l’océan des âges écoulés. L’histoire est ainsi comme un théâtre où se déploie la liberté la plus illimitée.
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