Résumé

Portrait de Jacques Arago Jacques Arago Voyage autour du monde : souvenirs d'un aveugle… (1880)

Tout à coup la brise se tait, les voiles coiffent les mâts, la flamme papillonnante retombe immobile comme, un long serpent sans vie, le disque du soleil se blafarde, semble s'élargir et jeter autour de lui des rayons coupés comme les éclairs qui sillonnent la nue. A terre, tout est calme, silencieux, mais la verdure prend une teinte douteuse; on dirait qu'elle est voilée d'un réseau farineux et qu'elle attend une catastrophe, tandis que sur la mer, naguère bondissante, de petits jets phosphorescents montent et pétillent ainsi que le ferait l'eau d'un vase qui commence à bouillir.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Arago Jacques Arago Voyage autour du monde : souvenirs d'un aveugle… (1880)

Toutes les ancres sont mouillées, tous les câbles, toutes les chaînes tendus par la tempête ; le navire plonge, se relève, retombe et rebondit; la mer est aux nues, et par un miracle du ciel, il échappe seul à la destruction générale.
Quoique mortelle à tant de navires, la tempête fut courte ; elle n'était pas encore apaisée que Mac-Irton, rendu à sa position première, se rappela sa position de la veille, qu'il avait oubliée au milieu des tourbillons et du fracas de la nature. Du haut de la vergue où il était hissé, il s'élança dans les flots écumeux et s'abandonna à la lame roulante.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Arago Jacques Arago Voyage autour du monde : souvenirs d'un aveugle… (1839-1840)

L'effroi était dans toutes les âmes, mais le Gaoucho s'était élancé aussi comme un dard; il se place terrible et haletant sur la porte même de la maison, et par un cri retentissant il appelle à lui l'attention du jaguar, dont la gueule béante allait ouvrir une poitrine. La bête surprise s'arrête, elle rauque sourdement, elle s'indigne qu'on ose l'attaquer, elle ride la peau de ses lèvres rudes et poilues, elle étale à l'air ses dents aiguës et tranchantes, et le Gaoucho, calme alors, ose détacher du fusil sa main droite pour faire signe à la foule effrayée que l'ennemi lui appartient.
Source : Gallica

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