Jacques Arago,
Voyage autour du monde : souvenirs d'un aveugle…
(1880)
“ Tout à coup la brise se tait, les voiles coiffent les mâts, la flamme papillonnante retombe immobile comme, un long serpent sans vie, le disque du soleil se blafarde, semble s'élargir et jeter autour de lui des rayons coupés comme les éclairs qui sillonnent la nue. A terre, tout est calme, silencieux, mais la verdure prend une teinte douteuse; on dirait qu'elle est voilée d'un réseau farineux et qu'elle attend une catastrophe, tandis que sur la mer, naguère bondissante, de petits jets phosphorescents montent et pétillent ainsi que le ferait l'eau d'un vase qui commence à bouillir. ”
