Résumé

H. Garnier Six semaines dans un phare

Que diable ! il n’est pas agréable de faire le quart sur le pont d’un navire, par une nuit froide et pluvieuse, ballotté par le tangage et le roulis, ou bien de grimper dans la mâture pour prendre des ris pendant un coup de vent. Maudit Neptune ! m’en as-tu fait voir de dures ? Pendant trois semaines pour te sauver, il a fallu vivre au milieu de fatigues continuelles, sans ôter nos vêtements, sans pouvoir dormir une heure. D’un côté, la mer avec ses lames courtes et dures, de l’autre, la brise aiguë qui nous fouettait le visage et les mains.
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H. Garnier Six semaines dans un phare

La chaloupe n’étant pas de retour à l’heure habituelle, le lieutenant Crozet, les sourcils froncés, pâle, le cœur oppressé, monta sur le pont et regarda avec anxiété cette île funeste comme pour lui demander compte de son capitaine et de ses hommes. Tout à coup il crut voir un homme se jeter à la nage. Il prit sa lunette d’approche et reconnut un de ses matelots. Un canot, qu’il fit mettre à la mer sur-le-champ, recueillit le malheureux au moment où, à bout de forces, il allait disparaître sous l’eau.
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H. Garnier Six semaines dans un phare

La mort est effrayante sur un champ de bataille, quand, seul, étendu parmi les morts, vous attendez quelquefois en vain qu’on vienne vous secourir, et que vous succombez, écrasé par les pieds des fuyards ou les roues des attelages de canons en retraite. C’est le sort du soldat. La mort est terrible quand la mitraille pleut sur le vaisseau et qu’on sent la membrure craquer de toute part, le flot envahir le pont et balayer morts, blessés et vivants. C’est le sort du marin. Mais, mourir de faim, suspendu à un cordage ou à une vergue, c’est épouvantable.
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