“ Aie de la résolution, Claire. Tu verras, cela tient presque lieu de bonheur. — Ah ! s’écria la jeune femme en versant un nouveau torrent de larmes, qu’ai-je fait pour être si malheureuse ? Et toute l’amertume amassée depuis longtemps dans son cœur déborda en une intarissable confidence : — M’a-t-il jamais aimée ? Ah ! je n’ai eu dans toute ma vie que quinze jours de bonheur ; là-bas, dans notre voyage ; il m’aimait, alors ! Jamais, depuis, mon cœur n’a cessé de regretter... Oh ! pourquoi cela n’a-t-il pas duré ? — Parce qu’un véritable amour ne s’improvise pas, dit Mathilde. ”
André Léo
Résumé
"Un divorce", publié au XIXe siècle par André Léo, explore les fractures d'un mariage déchiré à travers le parcours de Claire, femme poursuivie par la trahison de son époux Desfayes. Entre l'amour perdu, la douleur et la recherche de rédemption, l'œuvre met en évidence les tensions entre devoir social et vœu personnel, illustrées par les échanges intimes avec Mathilde et Camille.
Les thèmes de l'abandon, de la culpabilité et de l'espoir s'entrelacent autour des personnages, notamment Ferdinand et Grandvaux, dans un récit où les larmes et les regards deviennent des signes de rupture et de reconstruction.
Citations de Un divorce (André Léo)
“ N’êtes-vous point à moi ? — Aux yeux du monde, je suis encore sa femme, répondit-elle. — Et où sont les yeux du monde ? ma pauvre enfant. Nous sommes seuls ici avec notre conscience. N’invoquons pas de faux dieux. Le monde est le dieu des femmes, mais il n’est pas le vôtre, Claire. Aux yeux de la justice et de la vérité, aux yeux du vrai Dieu, le jugement sur votre divorce n’est-il pas porté déjà ? Car le mariage est indissoluble ou il ne l’est pas. Si les crimes de M. Desfayes ont rompu vos liens, vous êtes libre dès ce moment, libre par conséquent de disposer de vous-même. ”
“ Ne m’a-t-il pas fait souffrir assez ? — Oui ; mais il est toujours ton mari, et vos deux existences, tu le vois bien, sont forcément unies. L’abandonner de cœur et vivre avec lui... — Il n’est plus à moi et je ne suis plus à lui, puisqu’il s’est donné à une autre. Il m’a frappée des coups les plus sensibles ; il a détruit pièce à pièce, malgré moi, l’amour que j’avais pour lui. Tu ne sais pas ce que c’est, ma petite, que d’être trahie par son mari, un homme à qui l’on s’est donnée tout entière, corps et âme, de passé comme d’avenir, trahie, rudoyée, outragée pour une créature indigne ! ”
