“ Patrick lisoit beaucoup dans les livres et dans son cœur, écrivoit, recueilloit, prenoit des notes, dessinoit. Fitz-Harris parloit, chantoit, dansoit, marchoit, rioit, balivernoit, musoit, baguenaudoit, flagnoit, barguignoit et batifoloit avec Cork dans ses heures de félicité parfaite; dans ses quarts-d’heure d’abattement, il geignoit comme un caïman; il heurtoit tout et tout le heurtoit; il se gonfloit de colère née sans semence, prenoit un livre, en examinoit la reliûre et le rejetoit, s’étendoit sur son lit, s’adossoit à la table, ou se promenoit de chaise en chaise ridiculement silencieux. ”
Patrick
Définition et enjeux
Le nom de Patrick évoque, dans la littérature du XIXe siècle, un personnage complexe et polyvalent, souvent associé à l’Irlande et à ses archétypes. Ainsi, Jules Verne le présente comme un géant protecteur, père des enfants de Jane et de Summy, tandis que Petrus Borel explore sa vulnérabilité morale et ses traits de caractère irlandais, tels que sa douceur ou sa résistance à l’adversité.
Paul Féval, lui, le situe dans un cadre londonien où ses actes sont entourés de mystère. Ces approches variées, allant de l’héroïsme à l’analyse psychologique, révèlent une figure à la fois universelle et ancrée dans des contextes culturels précis.
Citations sur “Patrick”
Paul Féval, Veillées de la famille (1882)
“ Patrick, lui, vivait tranquille, sinon heureux. Ses appointements passaient, presque entiers en Irlande. Grâce à son avancement rapide, il pouvait déjà donner le nécessaire à celles qui le regrettaient au pays. Un fait que nous ne saurions passer sous silence en parlant de cette période de son séjour à Londres est celui-ci : plusieurs fois Patrick trouva sur son bureau, dans le nouvel appartement que lui avait donné M. Hull, en échange de sa mansarde, des plis de papier glacé, fort délicatement cachetés de cire noire et parfumés au delà de toutes bornes permises. ”
“ Jusques alors l’esprit élevé de Patrick s’étoit maintenu dans sa force. Son âme étoit demeurée belle, noble, judicieuse; son corps seul avoit fléchi sous le malheur, et subi d’attristantes détériorations; mais ce dernier assaut le vainquit. Sa raison en fut profondément ébranlée. Sa sagesse s’égara et se fêla du haut en bas comme un crystal qui reçoit un choc; et, dérogeant à son essence native, sa nature douce et distinguée dégénéra. ”
