“ D’ailleurs, le monde n’a que faire entre un père et son fils: nous le cacherons, nous le déroberons à ses regards comme un trésor qu’on enfouit; nous le tiendrons dans l’ombre et à l’abri de tout contact.Mon Dieu! mon Dieu! que je suis heureux!... et toi, Debby, l’es-tu heureuse?—Heureuse et fière, Patrick!—Tu ne comprends pas peut-être, Déborah, toute l’étendue de ma joie? tu me trouves peut-être léger, puéril; mais, vois-tu, mon plus ardent souhait vient de s’accomplir, mon plus beau rêve se réalise; mon vœu, mon désir constant étoit celui d’avoir un fils dans ma jeunesse. Oh! ”
Pétrus Borel
Résumé
"Madame Putiphar", de Pétrus Borel, est un roman du XIXe siècle qui mêle amour, conflit et quête de vérité dans un cadre à la fois romantique et dramatique. Centré sur les personnages de Patrick, Déborah et Fitz-Harris, l'œuvre explore les tensions entre passion et obligation, à travers des dialogues intenses et des descriptions poétiques de lieux comme Cockermouth Castle.
Les thèmes de la prison symbolique ("cachot"), de la rédemption et de la dualité humaine traversent l'histoire, marquée par des réflexions sur la moralité et la souffrance. Le texte, à la fois lyrique et troublant, interroge les limites de l'amour et des décisions humaines.
Citations de Madame Putiphar (Pétrus Borel)
“ Quoi! vous feriez pourrir dans un cachot un bon et beau jeune homme, entrant à peine dans la vie? Non, non, c’est impossible! votre cœur n’a pu concevoir cette vengeance, votre âme n’a pu se faire à cette idée: grâce, grâce pour Fitz-Harris!...—Non: tout pour vous, rien pour lui.—Ah! vous êtes cruelle, madame, vous me déchirez, vous me faites un mal horrible. Grâce, grâce, sauvez-le!...—Hé bien, oui, cet homme vous a blessée, cet homme est un lâche, un assassin, que sais-je? Il ne mérite que le bourreau! Mais soyez grande, pardonnez-lui. ”
“ Tiens, Patrick, comme on découvre d’ici le Loug-Leane, le beau lac de Killarney! C’est la mer apportée dans des montagnes. Quelle paix! quel calme! c’est ton image, Patrick; des éléments divers qui se heurtent en son sein, des combats qui s’y livrent, rien ne transpire à la surface. Là-bas s’élèvent les hautes crêtes des Mac-Gillicuddy’s-Reeks et le Curran-Tual; mais les tours de Cockermouth-Castle sont encore cachées sous la brume matinale. Cet amas de pierres moussues, n’est-ce pas les ruines solitaires du Prieuré? et non loin, ce toit qui fume, n’est-ce pas, Patrick, la hutte de ton père? ”
