Louis-Julien de Rochemond

Résumé

Louis-Julien de Rochemond Mémoires d’un vieillard de vingt-cinq ans (1809)

EUPHROSINE. Qu’est-ce que c’est que l’indifférence ?
PHILIPPE. C’est un sentiment qu’auprès de vous il est impossible de connaître ; c’est regarder quelqu’un sans intérêt, le voir s’en aller sans plaisir et sans peine.
EUPHROSINE. Vous ne m’êtes pas alors indifférent ; car, lorsque vous sortez, je n’ai plus envie ni de chanter, ni de rire ; et quand je vous revois, je suis bien joyeuse, quoique je ne fasse pas semblant de l’être.
PHILIPPE. Combien vos discours me transportent, chère Euphrosine ! aimez-moi toujours.
EUPHROSINE. Vous aimer ! mais vous n’êtes pas mon frère, ma sœur, maman.
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Louis-Julien de Rochemond Mémoires d’un vieillard de vingt-cinq ans (1809)

Imite-les, Philippe ; souviens-toi toujours que, du haut des cieux, ton père te contemple. Que son trépas ne t’intimide point : il est beau de mourir pour une aussi belle cause.
L’apparition de ma mère, ses paroles, celles d’Honorée, l’honneur se réveillant dans mon cœur, je sentis que je n’étais plus le même. Madame d’Oransai sort un moment ; elle revient de suite — Prends, me dit-elle, ce fer ; il appartint à ton père, il fut l’instrument de ses exploits ; qu’il le soit des tiens !
— Oui, oui, leur dis-je, vos souhaits ne seront pas vains.
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Louis-Julien de Rochemond Mémoires d’un vieillard de vingt-cinq ans (1809)

Qu’ai-je vu, Maxime ! est-ce une illusion ! Debout auprès du lit dans lequel je reposais avec Anaïs, j’ai aperçu avec effroi une ombre silencieuse, et dont les traits... Maxime, c’était mon père !!! À son aspect, un cri épouvantable m’est échappé ; je me suis précipité de la couche vers le fantôme ; mais lui s’est évanoui en me disant, d’une voix lugubre : Vengeance !! Éveillé par le cri que j’avais poussé, Anaïs est accourue ; elle m’a demandé la cause de la terreur qui respirait dans mes yeux : je n’ai su que lui dire.
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