“ Pauvre Émilien! il était cent fois plus malheureux en fait qu'il ne voulait le dire; nos troupes souffraient ce que jamais hommes n'ont souffert; nous le savions par ceux qui nous revenaient blessés ou malades. Mon coeur en était si gros, qu'il m'étouffait, et, par moment, je craignais de devenir asthmatique comme le prieur; mais, dans le peu de lettres que je pouvais faire parvenir à Émilien, je me gardais bien de montrer ma douleur. ”
Émilien
Définition et enjeux
Le thème d’« Émilien » s’inscrit dans une tradition littéraire qui examine les enjeux de l’éducation, de la moralité et de la quête du bonheur à travers des dialogues et des récits. George Sand, dans Nanon, mentionne l’Émilien comme un personnage marqué par les épreuves de la guerre, dévoilant ainsi des conflits entre le destin individuel et les réalités sociales.
Louise d’Épinay, quant à elle, développe dans Les Conversations d’Émilie un échange pédagogique où l’enfant interroge l’autorité, la vertu et la nature du bonheur, soulignant l’importance de la force intérieure et de la discipline. André Léo, dans Musée littéraire, met en avant la supériorité de la royauté spirituelle, associant Émilie à l’intelligence et à l’amour. Ces perspectives, diverses, mettent en lumière la complexité des relations humaines et la recherche d’un équilibre entre idéal et réalité.
Citations sur “Émilien”
Louise d’Épinay,
Les Conversations d’Émilie
“ Pourquoi ne vient-il pas vous voir, Maman, puisque vous allez bien lui faire votre cour ? La Mere. Le Roi ne va voir personne. Emilie. Pourquoi ? Est-ce qu’il est malade ? La Mere. C’est qu’il est par sa dignité si fort au dessus des autres, qu’il n’est pas d’usage qu’il accorde cet honneur à des particuliers. Emilie. Il a tort. Nous tâcherions de l’amuser ici, puisqu’il est bon & que nous l’aimons. La Mere. Et s’il n’a pas besoin de nous pour s’amuser ? Emilie. J’entends ; il a sa société comme vous avez la vôtre. La Mere. Et sur-tout plus d’affaires que vous & moi. ”
André Léo,
Musée littéraire, choix de littérature
“ Alors, Émilie, j’étais votre époux, je vous faisais souveraine de ce monde bas et ladre, qui n’est grand que par l’oripeau, qui se prostitue devant toute force. Nous avions la royauté dans sa vérité, dans sa splendeur : celle de l’intelligence, de la beauté, de l’amour, et nous l’avions, grâce à la richesse, sans laquelle aucune supériorité ne compte. Ne vous flattez pas, Émilie, de régner sans elle ; hors de ses serres-chaudes, aucune fleur ne peut s’épanouir. Trop fière pour recourir à l’intrigue, vous resterez l’objet d’une admiration stérile. ”
