Samuel Richardson,
Histoire du chevalier Grandisson
“ Pardon, Mademoiselle. C’est une peine bien généreuse, que je vous fais souffrir ici. Elle me fait adorer votre bonté ; mais je crois pouvoir vous révéler tous les secrets de mon cœur. Votre noble franchise excite la mienne. Elle m’en inspireroit, si j’en avois moins. Ma Sœur, comme vous me l’avez entendu dire à elle-même, n’a rien perdu de mon affection. Je l’aime, avec tous ses défauts ; mais je ne dois point m’aveugler. La justice n’a-t-elle pas également ses droits, dans le blâme & dans les éloges ? J’ai mes défauts aussi : que penserois-je d’un homme qui les traiteroit de vertus ? ”
