Résumé

Victor Perceval Les vivacités de Carmen ; Le Clos-béni (1879)

La créole se sentait embarrassée sous ce regard doux, presque triste, qui n'annonçait rien moins que l'audace d'un don Juan.
— Eh ! bien, monsieur, dit enfin Carmen, est-ce comme cela que vous travaillez?
— Mademoiselle, répondit Philippe, permettez-moi de vous dire comment j'entends le portrait: le portrait n'est pas l'exacte reproduction de telle ou telle ligne, ce n'est pas le calque froid d'une figure, mais bien l'expression, le jeu habituel de la physionomie pris sur le vif; c'est l'âme dévoilée et répandue sur les traits.
Source : Gallica

Victor Perceval Les vivacités de Carmen ; Le Clos-béni (1879)

Me voilà bien avancé, pensa le jeune comte ; décidément, on ne m'a rien exagéré: la réputation du château est mauvaise.
Quand il n'y avait pas moyen de faire autrement, Philippe savait prendre un parti avec philosophie. Il attacha son cheval à un arbre, tira un album de sa petite valise, et en attendant que passât de nouveau le hasard, sous la forme d'un être humain, il se mit à dessiner la vue qui lui déplaisait le moins.
En d'autres circonstances il les aurait assurément trouvées toutes fort belles ; mais il avait beau être philosophe, sa déconvenue déteignait sur le paysage.
Source : Gallica

Victor Perceval Les vivacités de Carmen ; Le Clos-béni (1879)

Ecoutez, monsieur le comte, poursuivit Sulpice, je ne suis qu'un pauvre vieux bonhomme sans éducation; mais il y a cinquante ans que je fais la guerre aux renards, et ça m'a appris à être plus malin qu'on ne pense. Vous jouez tous à colin-maillard, et vous n'attrapez personne que vous-mêmes. Si vous ne veillez pas au grain, c'est un jeu qui finira mal. Je vois bien, moi, que mademoiselle Renée n'est plus la même; elle attend quasiment son fiancé comme on attend la mort de ses espérances.
Source : Gallica

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