“ Puis, quand le jour finissait, quand la pâle Cora fermait sa fenêtre et tirait son rideau, j’ouvrais mes livres favoris et je la retrouvais sur les Alpes avec Manfred, chez le professeur Spallanzani avec Nathanaël, dans les cieux avec Oberon. Mais, hélas ! ce bonheur ne fut pas de bien longue durée. Jusque-là personne n’avait découvert la beauté de Cora ; j’en jouissais tout seul. Elle n’était comprise et adorée que par moi. La contagion fantastique, en se répandant parmi les jeunes gens de la ville, jeta un trait de lumière sur la romantique bourgeoise. ”
Cora
Définition et enjeux
Le concept de Cora incarne une figure féminine complexe, oscillant entre pureté et force spirituelle dans la littérature. George Sand la présente comme une muse intellectuelle, évoquant son isolement et son éclat dans des réflexions poétiques. Dans Le Dernier des Mohicans, Cooper la rend tragique, liée à des conflits culturels.
Cora Pearl, à travers ses Mémoires, offre une vision intime, mêlant fragilité et résilience. Ces approches variées, allant de l'idéalisation romantique à la réalité humaine, révèlent une richesse du thème, ancré dans des contextes sociaux et émotionnels divers.
Citations sur “Cora”
“ Quand je fus assez fort pour me lever, je m'approchai de la fenêtre avec un inexprimable serrement de coeur. Cora était là; elle lisait. Elle était toujours belle, toujours pâle, toujours seule. J'eus un sentiment de joie. Elle m'était donc rendue, ma fée aux yeux verts; ma belle rêveuse solitaire! ”
“ O ma Cora, lui disais-je, que pourrais-tu craindre d'une flamme aussi pure? L'éclair qui s'allume aux cieux n'est pas d'une nature plus subtile que le feu dont je me consume avec délice. Pourquoi ta sauvage pudeur, pourquoi ta superbe fierté de femme s'alarmeraient-elles d'un amour aussi intellectuel que le nôtre? Qu'un mari, qu'un maître, possède le trésor de la beauté matérielle qu'il a plu aux anges de te départir! pour moi, je ne chercherai jamais à lui ravir ce que Dieu, les hommes et ta parole, ô Cora! ”
“ O Cora! m'écriai-je avec enthousiasme, serais-tu menacée de quelque danger? parle, parle! où sont tes ennemis, nomme-moi les infâmes qui font peser sur toi, frêle et céleste créature, les chaînes d'airain d'un joug détesté. Dis-moi quel est le démon qui comprime l'élan de ton coeur et refoule au fond de ton sein des épanchements naïfs, comme des remords amers? ”
James Fenimore Cooper,
Le Dernier des Mohicans
“ L’endroit fixé pour la sépulture de Cora était une petite colline, où un bouquet de pins jeunes et vigoureux avait pris racine et formait une ombre lugubre et convenable pour un tombeau. En y arrivant, les jeunes filles déposèrent leur fardeau, et avec la patience caractéristique des Indiennes, et la timidité de leur âge, elles attendirent qu’un des amis de Cora leur donnât l’encouragement d’usage. Enfin le chasseur, qui seul était au fait de leurs cérémonies, leur dit en langue delaware : — Ce que mes filles ont fait est bien, et les hommes blancs les en remercient. ”
“ Cora était admirablement chaste et sévère sous son costume de mariée. Elle avait l'air calme, indifférent, ennuyé comme toujours. Elle traversa la foule avide d'un pas aussi mesuré qu'à l'ordinaire, et promena sur les curieux ébahis son oeil sec et scrutateur. Quand il rencontra ma figure morne et flétrie, il s'y arrêta un instant et sembla dire: Voici un homme qui est incommodé d'un catarrhe ou d'un mal de dents. ”
Cora Pearl,
Mémoires de Cora Pearl
“ « Ma chère Cora ! » qui m’allait, parfois, au cœur. — Car j’avais pris le nom de Cora Pearl, sans aucune raison particulière, mais par pure fantaisie. Ce n’était pas que ce garçon m’inspirât une passion bien vive, mais il me consolait, par la délicate franchise de ses procédés, par la sincère expansion de sa jeunesse, des privautés odieuses que s’était arrogées le vieux satyre. Joli homme, doué d’une voix très sympathique, d’une physionomie avenante, par moment jaloux à faire rire, il possédait les qualités et les défauts qui ne laissent pas de plaire dans un véritable gentleman. ”
“ Cora n’est-elle pas pour jamais unie à un autre ? L’épicier, appuyant ses deux coudes sur sa fenêtre, entama alors avec moi une conversation affectueuse et bienveillante sur la beauté de la journée, sur le plaisir de revenir à la vie par un si bon soleil, sur l’excellence des gilets de flanelle en temps de convalescence, et les bienfaisants effets de l’eau miellée et du sirop de gomme sur les poitrines fatiguées et les estomacs débilités. ”
“ Va, je saurai bien les conjurer, je sais plus d'un charme pour enchaîner les démons de l'envie et de la vengeance, plus d'une parole magique pour appeler les anges sur nos têtes: les anges protecteurs qui sont tes frères, et qui sont moins purs, moins beaux que toi...J'élevai la voix en parlant, et je m'approchai de Cora pour saisir sa main qu'elle me retirait toujours. Alors je me levai, le front inondé de la sueur de l'enthousiasme, les cheveux en désordre, l'oeil inspiré... ”
Jules-Hippolyte Percher,
Hara-Kiri
“ Cora fut un peu déconcertée. Elle s’approcha de Fidé avec ces manières de jeune chatte caressante qui plaisaient autrefois à son amant : — Mon chien chéri, il faut me pardonner... Je t’aime trop, vois-tu..., je ne puis plus vivre sans toi... Dis que tu aimes encore ta petite Cora... Il se dégagea d’un air ennuyé : — C’est sans doute parce que vous m’aimez, que vous me faites insulter par ce journaliste, votre digne chevalier servant. Du reste, ce qui est fait est fait... Je n’ai pas la moindre envie de revenir sur le passé... ”
Alfred Assollant,
Les Butterfly, Scènes de la vie Américaine
“ Elle voyait avec frayeur approcher le terme fatal et les cinq cents dollars de pension. Sa beauté devenait célèbre, et pour une fille à marier une beauté célèbre est une beauté perdue. Rien n’est si dangereux que d’être classé, fût-ce parmi les plus forts et les plus habiles. Or Cora était classée... au premier rang, cela est vrai; mais qu’importe? Souvenez-vous d’Aristide et du paysan grec. On s’ennuyait d’entendre appeler Cora « la belle Cora. » Elle le sentait, et tournait ses beaux yeux candides sur les étrangers qui arrivaient à New-York ”
Camille Delthil, Framès (1873)
“ Sa lèvre est railleuse et farouche, Sa main brise ce qu'elle touche. C'est ainsi qu'on l'aime pourtant ! Jalouse comme une tigresse Et plus soumise qu'un vieux chien, La Cora rit à ce vaurien, Puant le tabac et l'ivresse. Et voilà comme on voit parfois, 0 puissance de la justice! Le vice châtier le vice Plus fort que ne feraient les lois. Mais qu'importe à Cora le monde, Et la fortune et le blason t Elle aime à perdre la raison, Tant pis pour qui la trouve immonde. Oui, qu'importe que du trottoir Ce soit marquise qu'on l'appelle; Qu'importe que l'crésipèle Ronge son teint ”
“ Pour mon malheur encore, aucune créature sous le ciel ne semblait être un type plus complet de la beauté fantastique et de la poésie allemande que Cora aux yeux verts et au corsage diaphane.Les adorables poésies d'Hoffman commençaient à circuler dans la ville. Les matrones et les pères de famille trouvaient le genre détestable et le style de mauvais goût. Les notaires et les femmes d'avoués faisaient surtout une guerre à mort à l'invraisemblance des caractères et au romanesque des incidents. ”
“ Pour se figurer Cora, la belle Grecque, qu’on descende la Vénus de Milo de son piédestal : même magnificence, même impassibilité, blancheur de marbre, cheveux d’ébène. Il est inutile de dire que les trois impures étaient mises avec le meilleur goût, et que les femmes du monde les plus élégantes n’auraient pas été vêtues avec une plus gracieuse simplicité. En moins d’un quart d’heure tous les convives arrivèrent ; on n’attendait plus que mesdemoiselles Herminie, Rosa, et le marquis. ”
“ Il y avait dans la vie intellectuelle des trésors auxquels Cora n’avait pas encore touché, et l’homme qui serait assez heureux pour les lui révéler verrait s’épanouir sous son souffle la plus belle œuvre de la création, le cœur d’une femme ingénue !... ”
James Fenimore Cooper,
Le Dernier des Mohicans
“ Réfléchissez, après tout, continua Cora après un court intervalle pendant lequel elle parut lutter contre des appréhensions plus vives qu’elle ne voulait le laisser paraître, que la mort est le pire qui puisse nous arriver ; et c’est un tribut que toute créature doit payer au moment où il plaît au Créateur de l’exiger. ”
James Fenimore Cooper,
Le Dernier des Mohicans
“ J’avais déjà vu bien des pays, mon sang avait déjà coulé dans bien des contrées, quand mon devoir m’appela dans les îles des Indes occidentales : là le hasard me fit faire la connaissance d’une dame qui avec le temps devint mon épouse, et me rendit père de Cora. ”
Alexis Bouvier,
La grande Iza
(1881)
“ Alors, de Rives, s'inclinant devant l'ivrogne, dit : – Monsieur le comte, permettez-moi de vous présenter votre connaissance d'il y a deux heures, la charmante Cora, ... l'amie intime, tout à fait intime de Gabrielle de Souabe. Mlle Cora est connue au club sous le nom de Belle-Éponge ; c'est une bonne fille au fond, pas intéressée ; elle aime l'argent, mais c'est pour lui-même. ”
Jules-Hippolyte Percher,
Hara-Kiri
“ Employer Cora, autrefois, c’eût été difficile. Estourbiac connaissait son béguin pour le prince. Mais, maintenant que le Japonais la lâchait, il y avait peut-être quelque chose à faire. En tout cas, on ne risquait rien à l’essayer, Cora n’était pas à dédaigner, et l’avenir serait si beau, s’il réussissait ! Quelle chance tout de même que cet animal de Sosthène Poix se fût laissé évincer. Il s’agissait de battre le fer pendant qu’il était chaud. ”
“ Enfin, Monsieur, non content d’affliger de braves gens et d’inquiéter le voisinage, vous avez résisté à l’autorité représentée par moi, vous avez pris au collet et frappé le médecin distingué qui vous donnait des soins, vous avez fait une scène de violence qui a troublé le repos de toute une population paisible, et qui a pensé devenir funeste à madame Gibonneau par la frayeur qu’elle lui a causée. — Cora est malade ! m’écriai-je. Grand Dieu !... ”
“ Ingrat ! pensai-je, tu te révoltes parce qu’un mémoire de savon et de chandelle a été rédigé et présenté par Cora, tandis que tu devrais baiser la belle main qui t’a fourni ces secours à ton insu durant ta maladie. Que serais-tu devenu, misérable rêveur, si un homme confiant et probe n’eût consenti à répandre sur toi les bienfaits de son industrie, sans autre gage de remboursement que ta mince garde-robe et ton misérable grabat ? ”
Alfred Assollant,
Les Butterfly, Scènes de la vie Américaine
“ Miss Cora est un vrai diamant ; mais entre nous sa beauté est à son apogée, et ne peut plus que décliner. Dans deux ans, elle sera presque laide... Parlons sérieusement, reprit Roquebrune. Vous avez pris la forêt de mon ami Bussy sans sa permission ; il a dans les mains de quoi vous ruiner, et il vous ruinera, soyez-en certain, si vous refusez ce que je vous propose. Vous avez une fille charmante, miss Cora, la plus belle personne de New-York, qui devrait être mariée, et qui ne l’est pas. Attend-elle un lord anglais ou un prince russe ? ”
Cora Pearl,
Mémoires de Cora Pearl
(1898)
“ Quand elle s'arrête, c'est pour répondre du sourire et du geste à des visages amis. La Renommée et la Mode accompagnent partout cette blonde insulaire et la servent à l'envi. Aussi, en tous lieux où chante la gamme du plaisir, arrive, harmonieux et doux, le nom de Cora Pearl. ”
Alfred Assollant,
Les Butterfly, Scènes de la vie Américaine
“ Que veut Cora? Un mari et de l’argent. Connais-tu lord George Aberfoïl, comte de Kilkenny, pair d’Ecosse et d’Irlande? — Point du tout. Qu’est-ce que cela?.. — C’est un grand homme au poil roux, orgueilleux comme Artaban, droit comme un fil à plomb, gros comme un muid, haut comme une cathédrale. ”
“ Ce mot fit fortune : on le répéta au bal. Les inspirés de l’endroit remarquèrent la danse molle et aérienne de Cora. Un autre génie de la société la compara à la reine Mab. Alors, chacun voulant faire montre de son érudition, apporta son épithète et sa métaphore, et la pauvre fille en fut écrasée à son insu. ”
Henri Blaze de Bury,
Revue des Deux Mondes
“ Les anciens l’entendaient ainsi, et leurs fresques, qui sont des bas-reliefs perfectionnés, nous le prouvent. Où s’arrête la parole, la musique commence, où le bas-relief s’arrête, commence la peinture antique ; voyez la Noce aldobrandine, ce tableau du mariage de Bacchus avec Cora nous en dit assez pour rendre inutile tout autre témoignage. Où trouverons-nous que les modernes aient mieux accusé l’expression du sentiment ? Cette Cora, que Vénus endoctrine à sauter le grand pas, n’a point d’égale ”
Victor Perceval, Les vivacités de Carmen ; Le Clos-béni (1879)
“ Ces deux personnes étaient Cora et Rhamsès, le mohane, vieux prêtre indien, dont nous avons entendu mademoiselle d'Améïda révélera Philippe l'influence occulte et les pratiques singulières. A la soudaine apparition des deux jeunes gens, le > premier mouvement de Cora fut de fuir, mais son compagnon la retint. Ce dernier était un grand, beau et robuste vieillard, dont l'extérieur ne manquait pas d'une certaine noblesse; sa physionomie calme et sereine commandait le respect. ”
Albert Wolff, La gloriole : mémoires d'un parisien (1888)
“ Cora n'eut rien à craindre et vous m'en voyez enchanté ; nos gens de police s'estiment déjà très heureux quand on les laisse tranquilles, eux, et je ne vois pas, d'ailleurs, en quoi la littérature de Cora aurait pu troubler la paix publique et le repos des familles. On a vendu quelques milliers d'exemplaires et cette personne est entrée définitivement dans l'oubli. C'était le dernier cri d'une galanterie parisienne qui, dans nos nouvelles mœurs, si j'ose m'exprimer ainsi, a perdu son importance d'autrefois. La cour- tisane de notre temps a versé dans la démocratie comme le reste ”
Xavier de Montépin,
Les filles de bronze : drame parisien…
(1880)
“ Nos lecteurs ont déjà reconnu Cora sous son costume d'homme, et deviné Carmen, Marie et Dolorès, Jean Renaud et le docteur Jocelyn. Le nègre surveillant les malles à bord du Neptune n'était autre que Robinson. Les nouveaux venus s'établirent devant un déjeuner qui faisait honneur au cuisinier de l'hôtel. ”
Cora Pearl,
Mémoires de Cora Pearl
(1898)
“ Je ne suis pas personnellement connu de Cora Pearl, mais je lui ferai parler pour vous par quelqu'un. Le comte vint en effet chez moi, à une soi- rée où l'on dansait. Il m'invita ; et il faut croire que ma danse, fort peu échevelée, le dépaysa complètement : — effet de contraste ! — Il se croyait encore dans le tohu-bohu de son monde à lui. Plus que jamais il perdit la carte, et s'en fut conter à Parrodin sa nouvelle déconvenue. —A la fin, lui dit le maître impatienté, que voulez-vous encore de moi ? J'ai fait pour vous, auprès de sir Richard Selft, une démarche très délicate ”
Xavier de Montépin,
Les filles de bronze : drame parisien…
(1880)
“ L'âme de Cora est d'un métal pur et solide. elle ne peut faillir. et les faits accomplis viennent de la tremper plus fortement encore pour la résistance et pour la lutte. - A coup sûr Martial Dereyne médite un nouveau crime. ”
Cora Pearl,
Mémoires de Cora Pearl
(1898)
“ Comme tu le penses bien, je m'embête bien ici, et la bonne visite que tu me promets me fera grand plaisir. Seulement il faudrait que mon appartement fût prêt à te recevoir. Tu me feras plaisir si tu veux faire mes amitiés à tous mes amis avec et sans crinoline. » Adieu, chère Cora ; je t'embrasse bien fort, et reste ton ami. » « On s'abrutit loin de Paris », me répétait-il souvent. « C'est là seulement qu'on se sent vivre. » Le séjour de La Haye ne paraissait lui plaire que fort médiocrement : il aimait les voyages, le changement d'air, et... les jolies femmes... ”
Victor-Adolphe Malte-Brun,
Géographie du théâtre de la guerre et des états circonvoisins…
(1859)
“ Les animaux seuls ne paraissent point souffrir de l'insalubrité de l'air : les cerfs, les sangliers et les buffles y sont vigoureux et en très-grand nombre. A l'exemple des voyageurs qui les traversent, hâtons-nous de quitter ces marais pernicieux. Le bourg ou la petite ville de Cori, l'antique Cora, possède encore ses murailles antiques et les restes de deux beaux temples, l'un élevé à Hercule, et l'autre à Castor et Pollux. ”
Frédéric Loliée,
La fête impériale : ouvrage orné de 18 hors texte en héliogravure
(1926)
“ PROMENADE A CYTHÈRE 271 de huit personnes : un petit dîner sans façon à la mode de mon pays. « Toute à vous et mille gracieusetés, « Cora PEARL. » C'était sa marque particulière : n'ayant ni le goût ni le tempérament faits pour les dissipations effrénées, aux changements perpétuels elle préférait les liaisons prolongées, qui ressemblaient à des mariages successifs. Elle avait des coins d'âme où fleurissait le sentiment. Toute jeune elle eut son roman, sa passion de tête. Et pour qui ? ”
