Judith Gautier,
La Sœur du Soleil
“ Le siogoun détourna la tête. La barque passa. Fidé-Yori entendit encore un instant les éclats de rire du soldat. Le prince de Nagato rêvait ; il ne regardait rien que le reflet des lumières dans l’eau ; il croyait y voir frissonner des braises, des pierreries, des flammes, des métaux en fusion. Il s’arracha à sa rêverie, cependant, trouvant que le silence se prolongeait trop longtemps, il leva les yeux sur le siogoun. Le visage de Fidé-Yori exprimait une mélancolie profonde ; pourtant, chaque bateau qui passait, le jeune homme le fouillait d’un regard avide. ”
