Camille Delthil

Framès (1873)

Résumé

Camille Delthil Framès (1873)

Tous la redoutent et l'adorent ; Et ses petites dents dévorent L'or, la chair et l'honneur de tous.
Elle est divine, elle est malsaine, C'est le charme et le cauchemar; C'est Judith et c'est Putiphar; C'est l'amour frère de la haine.
Plus d'un, pour lui baiser le gant Ayant vidé son escarcelle, A troué sa pauvre cervelle Dans un délire extravagant.
Miss Cora rit, elle se venge De ce beau monde sans pudeur Qui jadis souilla la candeur Et coupa les ailes de l'ange.
Car il faut vous le dire enfin, Cette miss Cora c'est Louise Qu'un soir l'impure convoitise Acheta comptant à la faim.
Source : Gallica

Camille Delthil Framès (1873)

Oui, féroce est l'ennui qui dévore une femme Belle et riche, et comment, et par quoi l'apaiser Ce qu'on n'achète pas dans ce Paris infâme, C'est un timide amour, c'est un chaste baiser ;
Et c'était là parfois le seul rêve d'Angèle, La douce vision qui troublait son sommeil, Sous les rideaux brodés de son it de dentelle, Alors que pâlissait la lampe de vermeil
Il lui prenait encor d'étranges fantaisies : Quitter le monde, fuir aux lieux inhabités; Son esprit s'emplissait de sombres poésies, Et de drames sanglants dans leurs fatalités.
Source : Gallica

Camille Delthil Framès (1873)

La tempête se forme, elle gronde, elle éclate : C'est le mari qui vient, inattendu rival, Sur sa part de butin poser sa lourde patte, Et dire arrogamment : « Voici mon bien légal. »
Angèle de nouveau lui semble appétissante, Et le vieux débauché sent croître dans son cœur Quelques regains d'amour ; puis, raison très-puissante, Tout cet or gaspillé provoque sa rancœur.
Lorsqu'une femme veut, en devançant la mode, Rivaliser avec des filles de portier, Quoi que vous en disiez, un mari c'est commode Pour payer la modiste avec le couturier
Source : Gallica

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