Camille Delthil

Élements biographiques

Camille Delthil,  Angélique : Poème - Pensées

“ Ah ! le travail sera douloureux et pénible,
La mère en se tordant râlera sous le fer ;
Il faut du sang versé dans cette lutte horrible :
Pour le gnome ou le Dieu le siècle aura souffert.
Sur terre il fut toujours deux races ennemies :
L’une, qui porte au front le sceau de l’Idéal,
L’autre, au vaste abdomen tout gonflé d’infamies,
D’appétits sensuels et d’amour bestial.
L’une dit : « Le savoir, le travail, la sagesse,
L’art civilisateur, c’est moi, c’est le Progrès. »
L’autre répond : « Je suis l’imposante Richesse,
Jouir est mon seul but, et que m’importe après ? »
”
Source : Wikisource

Camille Delthil,  Framès (1873)

“ Tous la redoutent et l'adorent ; Et ses petites dents dévorent L'or, la chair et l'honneur de tous.
Elle est divine, elle est malsaine, C'est le charme et le cauchemar; C'est Judith et c'est Putiphar; C'est l'amour frère de la haine.
Plus d'un, pour lui baiser le gant Ayant vidé son escarcelle, A troué sa pauvre cervelle Dans un délire extravagant.
Miss Cora rit, elle se venge De ce beau monde sans pudeur Qui jadis souilla la candeur Et coupa les ailes de l'ange.
Car il faut vous le dire enfin, Cette miss Cora c'est Louise Qu'un soir l'impure convoitise Acheta comptant à la faim.
”
Source : Gallica

Camille Delthil,  Les martyrs de l'idéal : poème (1882)

“ Et rendait malheureux d'être en son domestique. Pierre en un tel séjour devint tout languissant. Quand on se fut moqué tout bas de son accent, Que l'on connut ses goûts, ses mœurs, son caractère, Et qu'on sut s'il aimait parler ou bien se taire, On lui fit bon accueil. Or, cela le perdit.
L'amour a de tout temps passé pour un bandit Qui, fort traîtreusement, avec un air bonasse, Sautillant et léger vous jette dans sa nasse,
Puis, vous perçant le cœur d'un long trait empenné, Sourit, à vous voir là, tout penaud, tout peiné, L'oeil tourné vers le ciel cherchant quelque espérance.
”
Source : Gallica

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