Camille Delthil

Résumé

Camille Delthil Les martyrs de l'idéal : poème (1882)

Et rendait malheureux d'être en son domestique. Pierre en un tel séjour devint tout languissant. Quand on se fut moqué tout bas de son accent, Que l'on connut ses goûts, ses mœurs, son caractère, Et qu'on sut s'il aimait parler ou bien se taire, On lui fit bon accueil. Or, cela le perdit.
L'amour a de tout temps passé pour un bandit Qui, fort traîtreusement, avec un air bonasse, Sautillant et léger vous jette dans sa nasse,
Puis, vous perçant le cœur d'un long trait empenné, Sourit, à vous voir là, tout penaud, tout peiné, L'oeil tourné vers le ciel cherchant quelque espérance.
Source : Gallica

Camille Delthil Les martyrs de l'idéal : poème (1882)

Il faut fuir ou se cacher. Que faire? Pierre voulait la fuite; elle, Alix, le mystère; Un mystère profond, impénétrable aux yeux. Les bonheurs disputés sont les moins ennuyeux. La contrainte toujours rend le plaisir plus acre. Aussi, lorsque venant, furtive, au fond d'un fiacre, Pierre, entendait son pas léger dans l'escalier, Et que, de ses deux bras lui faisant un collier, Muette, il la tenait, sa lèvre sur sa lèvre, Tout son corps frissonnait comme pris de la fièvre.
Source : Gallica

Camille Delthil Les martyrs de l'idéal : poème (1882)

Personnage terrible et crasseux comme Labre, Qui troublait le repos et des jours et des nuits. Mais notre esprit se fait tout,' même aux ennuis, Pierre oublia le nid féodal, la veillée
Si douce au coin du feu, la plaine ensoleillée, Les portraits des aïeux, les armures ai fer, Et l'écureuil des bois, et les oiseaux de l'air. Mais il sut les hauts faits de la Grèce et de Rome Et comment d'un héros doit se doubler un homme. Il envia la mort du fier Léonidas;
Il fut un Scipion, un Épanimondas,
Un César 1 Il vécut les exploits d'Alexandre, Et s'assit près d'Achille aux rives du Scanu-ndre.
Source : Gallica

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