Charles d' Eternod

Résumé

Charles d' Eternod Calanques : poèmes (1933)

La mort s'en vient vers le poète, Comme un voilier qui rentre au port !
IV
Sous les efforts du vent Les vitres craquent, plient, Une enseigne souvent Dehors geint et supplie.
Mais on m'apporte un bock Et mon plat de choucroute; (Quelqu'un parle de troc) Je rêve, et l'eau glougloute ;
Je songe aux poivrons verts Mêlés aux piments rouges, Aux melons entr'ouverts, Aux langoustes qui bougent,
Aux épis de millet,
Au velours des amandes, Aux corbeilles d'œillets, Aux sachets de lavande;
Entre les troncs des pins Qui dominent la plage,
Je vois à son déclin
Un beau soir sans nuage.
Source : Gallica

Charles d' Eternod Calanques : poèmes (1933)

Dans la calanque vert bouteille, J'aborde, poète amoureux !
Le vent dans les branches des pins Parle d'espoir et de voyage ;
Au bord du bois, du champ marin S'élève un bruit de coquillage ;
Ça fleure l'algue et la résine,
Ça sent le varech et le thym ; L'oreille, l'œil et la narine S'animent au souffle salin.
Source : Gallica

Charles d' Eternod Calanques : poèmes (1933)

Au-dessus des vaisseaux qui fument Et des bruits de l'effort !
III
Du sol roux jaillit la colonne,
L'arc franchit le vallon,
Le sourire de la madone Fleurit le coin de la maison.
Le fruit s'arrondit sous la feuille,
L'eau dort au fond du puits,
Des fronts bruns ou blancs se recueillent Sur les rocs des caps, dans la nuit.
C'est la rive des trois Maries,
C'est le sol des Césars,
La croix, le laurier s'y marient Aux jeux légers de Fragonard.
Là donc, la vie est une fête
Pour l'âme et pour le corps
Source : Gallica

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