Résumé

Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Le Parnasse contemporain/1866

Sur la route déserte un brouillard qui la noie,
Un brouillard jaune étend ses blafardes clartés ;
Vers l’occident blafard traîne une rose trace,
Et les bleus horizons roulent comme des flots,
Roulent comme une mer dont le flot nous embrasse,
Nous enlace, et remplit la gorge de sanglots.
Plein du pressentiment des saisons pluviales,
Le premier vent d’octobre épanche ses adieux,
Ses adieux frémissants sous les feuillages pâles,
Nostalgiques enfants des soleils radieux.
Les jours frileux et courts arrivent. — C’est l’automne !
— Comme elle vibre en nous la cloche qui bourdonne !
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Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Le Parnasse contemporain/1866

Tandis que l’homme va, le front bas, toi, son âme,
Ecoute le passé qui gémit dans les bois.
Ecoute, écoute en toi, sous leur cendre, et sans flamme,
Tous tes chers souvenirs tressaillir à la fois,
Avec le glas mourant de la cloche lointaine !
Une autre maintenant lui répond à voix pleine.
Ecoute à travers l’ombre, entends avec langueur
Ces cloches tristement qui sonnent dans la plaine,
Qui vibrent tristement, longuement dans le cœur !
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Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Le Parnasse contemporain/1866

La nuit glisse à pas lents sous les feuillages lourds.
Sur les nappes d’eau morte aux reflets métalliques,
Ce soir traîne là-bas sa robe de velours.
Et du riche encensoir des fleurs mélancoliques,
Vers les massifs baignés d’une fine vapeur,
Partent de chauds parfums dans l’air pris de torpeur.
Avec l’obsession rhythmique de la houle,
Tout chargés de vertige, ils passent, emportés
Dans le morne soupir qui les berce et les roule.
Les gazons bleus sont pleins de féeriques clartés :
Sur la forêt au loin pèse un sommeil étrange ;
Chaque rameau s’incline et pend comme une frange
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