Comtesse M. de Noailles, Revue des Deux Mondes
“ Tout le miel de l’été aromatise et rôde Dans le vent qui se pend aux fleurs comme un essaim. — On voit déjà gonfler et mûrir le raisin, L’odeur du blé nombreux se lève de la terre. Le jour est abondant et pur, l’air désaltère Comme l’eau que l’on boit à l’ombre dans les puits, Le jardin se repose, enfermé dans son buis... — Ah ! moment délicat et tendre de l’année, Je vais vous respirer tout au long des journées Et presser sur mon cœur les moissons du chemin, Je vais aller goûter et prendre dans mes mains Le bois, les sources d’eaux, la haie et ses épines ”
