Comtesse M. de Noailles

Résumé

Comtesse M. de Noailles Revue des Deux Mondes

Tout le miel de l’été aromatise et rôde
Dans le vent qui se pend aux fleurs comme un essaim.
— On voit déjà gonfler et mûrir le raisin,
L’odeur du blé nombreux se lève de la terre.
Le jour est abondant et pur, l’air désaltère
Comme l’eau que l’on boit à l’ombre dans les puits,
Le jardin se repose, enfermé dans son buis...
— Ah ! moment délicat et tendre de l’année,
Je vais vous respirer tout au long des journées
Et presser sur mon cœur les moissons du chemin,
Je vais aller goûter et prendre dans mes mains
Le bois, les sources d’eaux, la haie et ses épines
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Comtesse M. de Noailles Revue des Deux Mondes

Sont le vol d’une abeille éternellement ivre.
Et sentant que l’été ne m’est pas plus léger
Qu’il ne l’est à votre âpre et frêle adolescence,
Que je me trouble aussi pour une molle essence.
Pour les mille parfums d’un seul vert oranger,
Parmi tous les errans vous choisissez mon âme,
Vous attirez à vous cette plaintive sœur,
Et les gestes fervens de vos mains sur mon cœur
Sont les soins ingénus que mon laurier réclame.
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Comtesse M. de Noailles Revue des Deux Mondes

Les fleurs du marronnier, cônes de parfums blancs.
Vont lentement descendre
Pour entourer les pieds du Printemps indolent
D’aromatique cendre.
O douceur des jardins ! beaux jardins dont le cœur
Avec l’infini cause.
Régnez sur l’univers par la force et l’odeur
De la limpide rose,
De la rose, dieu vert, petit Eros joufflu
Armé de courtes flèches,
A qui les papillons font un manteau velu
Quand les nuits sont plus fraîches.
Rose de laque rose, ô vase balancé
Où bout un parfum tendre,
Où le piquant frelon doucement convulsé
Sent son âme s’épandre.
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