François Coppée

François Coppée

Résumé

Portrait de François Coppée François Coppée,  Angélus

“ Un soir le fossoyeur, d’un ton mal assuré
Et les deux mains au feu, dit :
« Monsieur le curé,
Puisque vous savez tout, vous devriez me dire
Ce qui fait qu’aujourd’hui nous ne pouvons pas rire ;
Cependant, sans avoir besoin d’être indulgents,
Nous pouvons nous donner comme deux braves gens.
Je ne sais rien, c’est vrai ; que le bon Dieu m’assiste !
Mais pourquoi notre cœur, étant pur, est-il triste ? »
— C’est vrai, » dit le curé.
”
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Portrait de François Coppée François Coppée,  Angélus

“ Car Angelus, nature affectueuse et douce,
Ignorait tout à fait le geste qui repousse.
A ces baisers mortels, dont il était brisé,
Toujours il présentait son sourire lassé
Et se jetait au cou du soldat et du prêtre.
On meurt d’être aimé trop comme de ne pas l’être,
Et c’est un mal divin dont nul ne se défend.
Une mère aurait lu dans les yeux de l’enfant
La fatale langueur de ce mal qui s’ignore.
Elle eût dit : « C’est assez ! » Les vieux disaient : « Encore ! »
Et par leur faute, et dans leurs bras, et sous leurs yeux,
Angelus se mourait, martyr délicieux !
”
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Portrait de François Coppée François Coppée,  Angélus

“ Les deux vieillards allaient regagner leurs maisons
Et se disaient adieu sur le seuil de l’église,
Quand ils virent, gisant sur une pierre grise,
Quelque chose de blanc qu’on avait laissé là ;
Et, s’étant approchés tous deux, il leur sembla
Que cela remuait vaguement. Le vieux prêtre,
Inquiet, se pencha vite et put reconnaître
Que c’était un pauvre être à peine emmailloté,
Un enfant qu’une mère horrible avait jeté,
Profitant du sommeil confiant de l’enfance,
En passant, dans ce coin, presque nu, sans défense,
Comme un voyageur las jette au loin son fardeau.
”
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