Georges Courteline

Georges Courteline

Résumé

Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Le Droit aux étrennes

Louison. — Non.
Landhouille. — C’est surprenant. Mais j’y songe ! Le feu a pris hier au soir dans le cabinet de toilette, pendant que je me lavais les pieds. Il s’en est fallu d’un cheveu que je grillasse comme un bout de boudin. (Très régence, lui prenant les doigts.) Me serait-il donné de presser la petite main qui alluma l’incendie ?
Louison. — Non.
Landhouille. — Même pas ? Vous me désespérez. Je vous croyais ma bienfaitrice.
Louison, mélancolique. — Et voilà ceux auxquels nous sacrifions tout : nos pudeurs de jeunes filles, la fleur de nos baisers, les illusions de nos vingt ans !
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Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Le Droit aux étrennes

Landhouille, seul.
Je ne suis pas à vingt sous près, mais enfin, il eût dû me les demander poliment ; je les lui aurais refusés. L’homme est un être délicieux ; c’est le roi des animaux. On le dit bouché et féroce ; c’est de l’exagération. Il ne montre de férocité qu’aux gens hors d’état de se défendre, et il n’est point de question si obscure qu’elle lui demeure impénétrable : la simple menace d’un coup de pied au derrière ou d’un coup de poing en pleine figure, il comprend à l’instant même !
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Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Le Droit aux étrennes

Landhouille. — C’est Louison.
Louison. — Et ces belles grosses rides, qui c’est qui te les a creusées ?
Landhouille. — C’est Louison.
Louison. — Bien sûr, c’est Louison. Ah ! ah ! elle est mignonne, Louison ! Dis, mon chéri, elle est mignonne ?
Landhouille, pas très convaincu. —... Oui.
Louison. — Causons un peu, tous les deux. Tiens, assieds-toi là, près de moi. Te rappelles-tu la fois où je t’ai tant ostiné !
Landhouille. — Oh ! A ciel constellé, on ne compte pas les étoiles. Précise. De quoi veux-tu parler ?
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