Résumé

Charles Rabou Le Conteur, recueil de contes et nouvelles

Sa fille !... hélas ! oui, ce ne pouvait être que sa fille ; et lui seul pouvait s’avouer son père, le Nain cruel ! Une triste similitude enchaînait leurs destinées : tout autre l’eût prise pour une larve, un génie malheureux enfermé par pénitence dans cette custode informe qui faisait tressaillir de terreur et de pitié. Hélas ! oui, lui seul pouvait l’aimer d’amour, ce phénomène repoussant et isolé sur la terre ; enfant étranger à tous les enfans de sa route ; lui seul pouvait lui sourire enfin, l’embrasser... et il la battait !
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Charles Rabou Le Conteur, recueil de contes et nouvelles

Je ne m’arrêtai qu’au milieu du parvis Notre-Dame, dont les cloches balantes faisaient tressaillir les rues étroites qui l’entourent. La cathédrale mugissait. Un Ange peut-être en ébranlait l’haleine sonore pour arrêter le Nain, ou répandre une alarme vengeresse contre lui. J’étais contente ; car dans ce parvis immense, couvert de fleurs et d’arbustes odorans, sous les pulsations de la cloche formidable qui fait balancer l’âme qu’elle inonde de piété, il n’y avait plus là sans doute que des êtres bons, charitables au prochain
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Charles Rabou Le Conteur, recueil de contes et nouvelles

L’espace où vit un marchand de Rouen le lie étroitement toute sa vie à sa marchandise ; il en est habillé. S’il vend du coton, il le prouve jusque dans ses cheveux qui en sont pleins. Il assume, à son insu, la physionomie de ses ballots sur lesquels il mange, compte et dort ; c’est son élysée. Sa vie circule dans cet espace épais ; mais son activité n’y est pas moins infatigable que celle du papillon sur les fleurs. Il fait six lieues par jour de ses registres à ses écheveaux ; il voltige ainsi de pied ferme durant quarante ou soixante ans, et ne quitte ses balances que pour mourir.
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