Comtesse Mathieu de Noailles

Résumé

Comtesse Mathieu de Noailles Revue des Deux Mondes

Quand ton arrosoir vert inondait les groseilles,
Que tes larmes plus tard, aux gouttes d’eau pareilles,
Crépiteraient ainsi par les soirs attiédis !
Si l’on t’avait appris qu’un cœur toujours malade,
Et blessé chaque soir d’ombre et de volupté,
Ne goûte qu’en mourant l’odeur des roses thé
Dans l’air chaud, remué par les cris des pintades ;
Ah ! si l’on t’avait dit, lorsque sous ton chapeau,
Tu riais de tenir du soleil dans tes lèvres,
Que l’été te serait un jour comme une fièvre,
Et qu’enfin ce serait atroce qu’il fît beau !
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Comtesse Mathieu de Noailles Revue des Deux Mondes

S’élançait de mon âme et rentrait dans mon âme,
Que mes dieux sont en moi, qu’ils mourront avec moi,
Qu’un jour mon chaud regard et mon divin émoi
Ne seront que poussière éparse, que poussière !
Hélas ! douleur d’aller s’effaçant tout entière !
Désir de n’être pas de la cendre au tombeau,
De voir encor le jour et le matin si beau,
D’errer dans l’étendue heureuse et sensuelle,
De boire à son calice et de s’enivrer d’elle !...
Ah ! comme tout bonheur soudain semble terni
Pour un cœur sans espoir qui conçoit l’infini...
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Comtesse Mathieu de Noailles Revue des Deux Mondes

« Vous boirez lentement d’enivrantes tisanes
Au creux d’un bol d’émail orné de bleus vergers,
Et l’énervant plaisir des musiques persanes
Fera briller votre âme et vos yeux allongés ;
Sur les portes d’argent, la lune au doux visage
Luira comme une enfant qui baise son miroir,
Et tous les rossignols éveillés dans leur cage
Aux roses de ton cœur diront leur désespoir... »
Alors, dans leur charmant palais de porcelaine
Je suivrai, confiante, heureuse, le cœur pur,
Ces beaux petits garçons dont le bonnet de laine
Est comme un noir hiver sous un immense azur.
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